GAUDÍ ANTONIO (1852-1926)

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Gaudí et l'Art nouveau

Antonio Gaudí y Cornet (en catalan : Antoni Gaudi) est né à Reus dans la province de Tarragone. Il fait ses études d'architecture à Barcelone. Dès 1876, il travaille avec Francisco de Paula del Villar, architecte des premiers plans de la Sagrada Familia, puis prend lui-même la direction des travaux en 1884, jusqu'à sa mort en 1926.

Sagrada Familia à Barcelone

Photographie : Sagrada Familia à Barcelone

Cathédrale de la Sagrada Familia à Barcelone, commencée en 1884. Architectes: Franscesco Paula del Villar et Antonio Gaudí. 

Crédits : Ken Welsh, Bridgeman Images

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Gaudí est un architecte reconnu quand commence à se développer dans toute l'Europe l'Art nouveau. Peut-on dire que, malgré ces quelques années de décalage, cette architecture d'emprunts historiques autant que d'audaces formelles est la réponse catalane aux théories de l'Art nouveau ?

Plus peut-être qu'aucun de ses contemporains, Gaudí mit en pratique une des théories de l'Art nouveau qui insistait sur l'unité dans l'art et tentait de resserrer la collaboration entre l'artiste et l'artisan. Dans cette tâche, à partir de 1904, un jeune confrère l'assista en permanence : José María Jujol (1879-1949). La modestie de ce disciple, que Gaudí considéra bientôt comme un fils, avait longtemps occulté son rôle auprès du Maître. Des études plus récentes lui ont rendu, entre autres, la céramique du Parc Güell et de la Casa Batllo, de nombreux meubles, ainsi qu'une participation active à l'édification de la Sagrada Familia.

Casa Batlló

Photographie : Casa Batlló

La Casa Batlló (1904-1906) de l'architecte catalan Antonio Gaudí (1852-1926), à Barcelone, Espagne. 

Crédits : David James/ Getty Images

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Architecte, urbaniste, sculpteur, peintre, musicien, ébéniste, ferronnier, quelque peu mathématicien, Gaudí fait penser aux grandes figures de la Renaissance. Or, chez lui, rien de plus éloigné que l'idée d'une renaissance, que la volonté d'un « art nouveau » telles qu'elles s'exprimaient avec force à la fin du siècle dans toute l'Europe, notamment à Barcelone, pointe avancée du modernisme en Espagne. L'Art nouveau, dont une des fonctions, comme l'a écrit Otto Wagner, est de chasser l'historicisme de la production artistique pour qu'« une naissance entièrement neuve sorte de ce mouvement », est à cet égard à l'opposé des vues de l'architecte catalan. Gaudí l'a souvent dit, il ne cherche pas à innover ; admirateur de l'art grec, fortement influencé dans sa jeunesse par le style mudéjar, appréciant la subtilité des structures byzantines, Gaudí consacre sa vie à la défense, à l'illustration et à l'amélioration de l'art gothique. Il a de la nature comme source d'inspiration une toute autre compréhension que les théoriciens de son époque. L'Art nouveau a recherché, dans quelques éléments naturels scrupuleusement choisis, telle la tige végétale ou la fleur, le modèle de lignes souples, de courbes, étirant si besoin était leur dessin. Gaudí vise, comme il le déclare lui-même, à « traiter la construction d'une manière naturaliste, c'est-à-dire [à] la concevoir de manière qu'elle soit l'expression des forces qui agissent en elle ». La forme vient de la structure qui est pensée par analogie aux structures naturelles, et non du traitement que l'artiste de l'Art nouveau fait subir au nénuphar ou au cou du cygne. De ce point de vue, c'est l'arbre qui paraît à Gaudí le plus riche, tant pour l'étude de la structure que pour sa représentation (Sagrada Familia). Mais, comme il pense que l'architecture n'est pas simple structure et qu'elle intègre organiquement l'ornementation, il a encore recours à la nature pour appuyer cette conception ; ainsi oiseaux, montagnes, arbres, personnages, etc., sont-ils représentés le plus exactement possible sur les façades et les terrasses des édifices qu'il construit. La volonté d'une reproduction fidèle de ces éléments amena cet artisan à rechercher certains procédés ; par exemple, il prend d'innombrables clichés photographiques d'enfants, de jeunes filles, de vieillards qu'il place devant des miroirs pour en étudier les poses et les gestes ; il est en quête de leur structure quand il construit des figurines en fil de fer ou qu'il étudie des squelettes.

Il n'y a point d'allongement ni de sophistication dans son œuvre. Si parfois on trouve des « lignes en coup de fouet » comme au portail d'entrée du palais Güell, cette manière de faire reste très secondaire, d'autant qu'il traite les masses plus que les surfaces et les lignes ; en outre, les formes que ce dévot, bâtisseur de temples expiatoires, emprunte au capital de l'Art nouveau n'expriment nullement la recherche du raffinement, encore moins celle de l'érotisme, souvent contenues dans les œuvres de ce mouvement.

Sans vouloir dé [...]

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Sagrada Familia à Barcelone

Sagrada Familia à Barcelone
Crédits : Ken Welsh, Bridgeman Images

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Casa Batlló

Casa Batlló
Crédits : David James/ Getty Images

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Gaudí : Sagrada Familia

Gaudí : Sagrada Familia
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Crypte de Santa Coloma de Cervelló

Crypte de Santa Coloma de Cervelló
Crédits : Bridgeman Images

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Écrit par :

  • : architecte D.P.L.G., urbaniste de l'État, professeur d'architecture à l'université de Paris-Tolbiac

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Pour citer l’article

Pierre GRANVEAUD, « GAUDÍ ANTONIO - (1852-1926) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/antonio-gaudi/