VITEZ ANTOINE (1930-1990)

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Un metteur en scène-pédagogue

Il y a, certes, de l'orgueil dans cette pratique, car le metteur en scène entend chaque fois se placer à l'origine d'une carrière, et non pas hériter d'interprètes déjà auréolés. Jusqu'à son arrivée à la Comédie-Française en 1988, Vitez aura le souci de toujours privilégier, dans le choix d'un rôle, la révélation aux dépens parfois de la justesse, et le comédien inconnu, jeune, aux dépens du comédien connu, peut-être davantage expert, mais forcément plus réservé et aussi davantage prisonnier du métier. Or, chez Vitez, l'imaginaire du corps ne peut s'accomplir que grâce à une distribution libre de toute réticence, toujours ouverte aux propositions avancées. C'est à cette énergie-là que le metteur en scène puise sa force.

Sa première mise en scène sera Électre de Sophocle au Théâtre-maison de la culture de Caen (1966). Et d'emblée, presque de manière surprenante, en montant l'année suivante Les Bains de Maïakovski, Vitez révèle ce qui va constituer une de ses particularités : le jeu entre l'ancien et le moderne, mais un jeu radical, un jeu des extrêmes, un jeu des contraires.

Parallèlement aux activités du Conservatoire, il crée une école auprès du théâtre des Quartiers d'Ivry dont il est le directeur de 1972 à 1981, année où il est nommé à la direction du Théâtre national de Chaillot. Rapidement, il ouvre là aussi une école. Enseigner signifie tout d'abord, pour lui, transmettre le goût de la liberté, de la gratuité, de l'inutile, toutes valeurs que la société refoule. À l'école, on peut plonger dans l'extravagance des exercices et dans la jouissance des associations d'idées sans que les perspectives du jugement porté pèsent sur les initiatives prises. Les élèves ayant été formés dans cet esprit pourront ensuite le préserver dans le cadre du travail public. L'école et le théâtre fonctionnent ainsi comme des vases communicants.

Vitez a constitué une « famille » d'acteurs et en a défendu le [...]


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Écrit par :

  • : professeur d'études théâtrales à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

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Pour citer l’article

Georges BANU, « VITEZ ANTOINE - (1930-1990) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/antoine-vitez/