ANTICYCLONES

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Formation des anticyclones

Il existe deux types principaux d’anticyclones : les anticyclones d’origine thermique qui se forment par exemple en hiver sur des continents fortement refroidis (anticyclones de Sibérie, du Groenland…) et les anticyclones d’origine dynamique qui se développent pour compenser certains déséquilibres de la circulation atmosphérique (anticyclones des Açores, de Sainte-Hélène...).

Anticyclones d’origine thermique

Les anticyclones thermiques, ou anticyclones à cœur froid, apparaissent lorsque, dans une région donnée, l’air devient plus froid que dans les régions avoisinantes. Plus froid et donc plus dense, cet air exerce alors sur le sol une pression atmosphérique plus importante. De puissants anticyclones permanents ou quasi permanents se forment ainsi dans les masses d'air très froid situées près des pôles, mais aussi en hiver sur les grandes surfaces continentales recouvertes de neige ou de glace comme la Sibérie ou l’Amérique du Nord. Ils sont d’autant plus vigoureux que l’air qui leur donne naissance est froid. Ainsi, alors qu’ils se renforcent dès l’arrivée de la période hivernale, ils s’affaiblissent rapidement et peuvent même disparaître en période estivale.

Dans la plupart des anticyclones thermiques, la pression diminue assez rapidement lorsqu’on s’éloigne du cœur froid. Leur épaisseur est réduite : en hiver, le sommet des anticyclones polaires ou de l’anticyclone sibérien dépasse rarement une altitude de 2 à 3 kilomètres.

On observe aussi des anticyclones thermiques dans l'air froid transporté à l’arrière des dépressions balayant les latitudes tempérées en période hivernale. Ces anticyclones mobiles, de moyenne échelle (avec une taille de quelques centaines de kilomètres), ont une faible durée de vie. Ils persistent au plus pendant quelques jours.

On assiste aussi à la formation de centres de hautes pressions sous les nuages d’orage où l’air est refroidi par l’évaporation d’une partie des précipitations. Ces zones anticycloniques sont toutefois de petite taille (quelques kilomètres à quelques dizaines de kilomètres de diamètre) et ne durent que quelques dizaines de minutes à quelques heures.

Anticyclones d’origine dynamique

Contrairement aux anticyclones thermiques, les anticyclones d’origine dynamique sont des anticyclones à cœur chaud. Ils peuvent se former n'importe où sur le globe. Mais les plus importants se trouvent au niveau des tropiques où leurs courants d’air descendants compensent les nombreux courants ascendants prenant naissance dans les orages des régions équatoriales. Ces anticyclones permanents ou quasi permanents apparaissent le plus souvent en présence d’une tropopause élevée (15 à 16 km d’altitude) et froide (– 70 à – 80 0C), dans des zones où les vents de la haute troposphère sont fortement convergents. La stratosphère, située au-dessus, étant dynamiquement stable en ce qui concerne les mouvements verticaux, une partie de l’air convergent est alors forcée de descendre et se comprime.

Près du sol, des vents réguliers soufflent alors de ces hautes pressions subtropicales vers les basses pressions équatoriales : les alizés, de nord-est dans l'hémisphère Nord, de sud-est dans l'hémisphère Sud. En 1735, le savant anglais George Hadley conçoit une description de circulation méridienne moyenne des vents dans les régions intertropicales pour expliquer la formation des alizés, la cellule de Hadley. Cette description fondée sur des valeurs moyennes – à manier avec précaution, car la circulation réelle varie notablement avec les saisons – fournit une description schématique de la circulation moyenne observée entre les régions équatoriales, où les courants d’air ascendant dominent, et les régions tropicales, essentiellement couvertes par des courants d’air descendant. Ce qui explique la présence, au niveau de chaque tropique, de vastes ceintures de hautes pressions (ou crêtes subtropicales) fractionnées en cellules anticycloniques quasi permanentes, le plus souvent centrées sur les étendues océaniques : anticyclones des Açores et d’Hawaï dans l’hémisphère Nord ; de Sainte-Hélène, de l’île de Pâques et des Mascareignes dans l’hémisphère Sud. Ces ceintures, qui influencent fortement la circulation générale de l’atmosphè [...]

Circulation générale de l’atmosphère

Dessin : Circulation générale de l’atmosphère

La cellule de Hadley fournit une description schématique de la circulation moyenne observée entre les régions équatoriales où les courants d'air ascendant dominent et les régions tropicales essentiellement couvertes par des courants d'air descendant. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Anticyclones permanents et anticyclones thermiques

Photographie : Anticyclones permanents et anticyclones thermiques

Ces cartes de pression (au niveau de la mer), établies sur une moyenne des relevés enregistrés entre 1981 et 2010, mettent en évidence la position des grands centres d'action en janvier (en haut) et en juin (en bas). Les pressions sont exprimées en hectopascals (hPa). On distingue ainsi de... 

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Champ de pression observé en surface (niveau moyen des océans)

Champ de pression observé en surface (niveau moyen des océans)
Crédits : Météo-France, février 2018

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Circulation générale de l’atmosphère

Circulation générale de l’atmosphère
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Anticyclones permanents et anticyclones thermiques

Anticyclones permanents et anticyclones thermiques
Crédits : Météo-France

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Moyenne des pressions, juin 2018

Moyenne des pressions, juin 2018
Crédits : Météo-France, juin 2018

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Pour citer l’article

Jean-Pierre CHALON, « ANTICYCLONES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/anticyclones/