ANOURES

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Physiologie

Phonation. Le coassement du mâle, en période sexuelle, consiste en une expiration forcée. L'air passe dans la bouche (les narines sont fermées) puis dans les sacs vocaux, sortes de diverticules pairs ou impairs de la paroi buccale, qui jouent le rôle de résonateurs. Leur position varie avec les genres. Certains, tel le crapaud commun (Bufo bufo), en sont dépourvus.

Crapaud des roseaux

Photographie : Crapaud des roseaux

Crapaud des roseaux (Bufo calamita) coassant. 

Crédits : Christoph Burki/ Getty Images

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Respiration. Les échanges respiratoires se font à trois niveaux : peau, cavité bucco-pharyngée et poumons. L'importance de la respiration bucco-pharyngée chez les Anoures est discutée.

Par contre, selon le mode de vie, la peau ou les poumons peuvent jouer un rôle prédominant. Ainsi, les grenouilles vertes utilisent également l'une et l'autre pour absorber l'oxygène. En revanche, chez la grenouille rousse, aux mœurs beaucoup plus terrestres, le volume d'oxygène passant par les poumons est trois fois plus important que celui passant par la peau.

Dans ce cas, la ventilation pulmonaire reste, en l'absence de côtes, sous la dépendance des mouvements buccaux qui permettent l'aspiration de l'air par les narines.

Le transport des gaz respiratoires s'effectue, comme chez les autres vertébrés, grâce à la présence d'hémoglobine dans les érythrocytes. Mais, là aussi, les Anoures témoignent d'adaptations particulières selon les conditions écologiques. Ainsi, la courbe de dissociation de l'oxyhémoglobine est différente chez les anoures aquatiques et chez les anoures terrestres. Chez ces derniers, elle est semblable à celle de tous les autres vertébrés tétrapodes ; chez les autres, elle est identique à celle du têtard.

Circulation dans le cœur. La théorie explicative classique est exposée dans l'article amphibiens. Cependant, différents travaux effectués sur les Anoures remettent en cause certains points. Si en effet on observe bien le passage séparé du sang réduit et du sang hématosé de part et d'autre de la lame spirale du bulbe cardiaque, il s'effectue simultanément pour les deux flux sanguins, et il n'est pas dû à une différence de pression sanguine dans les troncs systémocarotidien et pulmo-cutané, comme on l'a cru longtemps. D'autre part, la circulation intracardiaque semble différente d'un genre à l'autre (Rana temporaria et Xenopus laevis par exemple), selon le mode de vie.

Régulation du milieu intérieur. La grande perméabilité de la peau permet aussi bien l'évaporation de l'eau que son infiltration. Mais c'est surtout l'élimination rénale qui est importante. Elle varie selon les conditions du milieu. Ainsi un anoure maintenu hors de l'eau pendant un certain temps urine de moins en moins. Cette modification du volume urinaire excrété correspond à une réduction du taux de filtration glomérulaire et à une augmentation de la réabsorption tubulaire. Celle-ci ne se fait pas uniquement au niveau du néphron, mais également au niveau de la vessie qui est employée, chez les formes subdésertiques, comme réservoir d'eau.

La concentration du plasma en chlorure de sodium est de 9 p. 1 000. En milieu aquatique à salinité élevée, le volume d'urine rejetée décroît ; sa pression osmotique ne devient pourtant jamais hypertonique par rapport à celle du sang. En effet, en plus de l'excrétion rénale, les sels sont éliminés par les sécrétions des différentes glandes cutanées ou par diffusion à travers la peau.

La pression osmotique du milieu intérieur varie donc, chez les Anoures, en fonction du milieu et de la température. Pour un même animal, elle peut prendre, au cours d'une année, différentes valeurs.

Le contrôle hormonal s'effectue principalement par une ou des hormones sécrétées par la neurohypophyse, qui provoque une augmentation de la perméabilité des membranes cellulaires à l'eau et aux électrolytes : la régulation des échanges d'eau est sous le contrôle de la vasotocine. La prolactine adénohypophysaire agit sur l'absorption de sodium et de chlore au niveau de la peau et la récupération d'eau et d'ions par la vessie et le rein. La thyroïde et les cellules corticales des glandes adrénales interviennent de la même façon dans cette régulation du métabolisme hydrominéral. Alors que les poissons ne possèdent qu'un seul type de corticoïde (cortisol), le cortex surrénal des Amphibiens en produit deux : l [...]

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Têtard de crapaud

Têtard de crapaud
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Grenouille de verre, Bolivie

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Pour citer l’article

Pierre CLAIRAMBAULT, Philippe JANVIER, « ANOURES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/anoures/