ANNABA-EL HADJAR

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Héritière de l'ancienne Hippo Regius, d'El Bouna Elhaditha et de Bône, Annaba, dont les 40 000 Européens représentaient 40 p. 100 des habitants en 1962, a dû son développement au cours de la période coloniale à un port spécialisé dans l'exportation de fer et de phosphates, drainés par rail du Sud-Est algérien, ainsi que des vins et des agrumes de ses plaines sublittorales.

Algérie : carte administrative

Carte : Algérie : carte administrative

Carte administrative de l'Algérie. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Adossée au lourd massif de l'Edough, à l'ouest d'une vaste baie à l'abri des vents du nord-ouest, Annaba étend de vastes zones industrielles et de grands ensembles vers le sud et le sud-est. Elle constituait (El Bouni compris) la quatrième ville algérienne, avec une population de près de 600 000 habitants en 2008.

Annaba est, avec El Hadjar, un des principaux pôles industriels algériens, comportant une trentaine d'unités et de complexes publics face à une industrie privée demeurée bien médiocre. Sa réalisation d'abord, son fonctionnement ensuite ne vont pas sans conflit avec une agriculture de plaine favorisée par de bonnes conditions naturelles (forte pluviométrie, sols alluviaux et dunaires) et des moyens de mise en valeur (barrage du Bounamoussa).

Ce potentiel industriel, surtout métallurgique, repose, outre les usines de matériel ferroviaire, sur le complexe sidérurgique d'El Hadjar, en activité depuis 1969.

Mais la baisse continue de la production réduit le rôle régional et national de la ville dans les activités minières en amont et dans les activités industrielles et agricoles en aval. Le chômage technique qui en résulte favorise le développement des conflits sociaux dans une agglomération où la croissance antérieure avait déterminé une attraction démographique importante sur les campagnes et les villes de l'extrême Est algérien marquées par un sous-emploi encore très élevé jusqu'au début des années 1970.

Un gros effort consenti par l'État, qui a réalisé plus de 20 000 logements dans les zones d'habitat urbain nouvelles de la wilaya – Z.H.U.N. –, n'a pu permettre de résorber un habitat précaire qui a tout simplement été reporté, par son « éradication », sur des sites périphériques pourvus d'un minimum d'équipements. Le desserrement urbain inégalitaire entre Z.H.U.N. et recasement mais aussi lotissements a abaissé la croissance démographique annuelle de la ville elle-même.

L'emploi suscité dans le bâtiment au cours des années 1980 a régressé depuis lors, aggravant un chômage déjà amorcé par le recul des activités industrielles et favorisant la prolifération d'activités tertiaires et informelles que facilite la proximité des frontières Est du pays.

La crise des années 1990 remet en cause le raffermissement antérieur des fonctions de commandement et de desserte de l'aire métropolitaine d'Annaba sur son arrière-pays (Guelma, Tébessa, Souk-Ahras...), y compris pour l'extraction minière.

Malgré le partage des fonctions régionales avec Constantine – Annaba est le siège de plusieurs entreprises publiques de réalisation et de desserte régionales et d'une université –, elle ne peut encore lui ravir sa place de capitale de l'Est algérien.

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Dans le chapitre « Des densités différenciées avec une urbanisation renforcée »  : […] Si, en 1966, la densité moyenne était de 5 habitants/km 2 , elle atteignait 14 habitants/km 2 en 2008. Elle a augmenté avec des évolutions très contrastées : les wilayas sahariennes, qui regroupent près de 11 p. 100 de la population en 2008 sur 84 p. 100 du territoire, ont une densité moyenne de 1,86 habitants/km 2 . Celles qui affichent les plus fortes densités sont Biskra (34), Laghouat (18) et […] Lire la suite

Pour citer l’article

Bouziane SEMMOUD, « ANNABA-EL HADJAR », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/annaba-el-hadjar/