MAGNANI ANNA (1908-1973)

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Anna Magnani

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Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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Le Carrosse d'or, J. Renoir

Le Carrosse d'or, J. Renoir
Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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Une carrière inégale

Il y a quelque chose de paradoxal dans la carrière d'Anna Magnani, une sorte de hiatus entre l'immensité de la réputation – qui fait d'elle une sorte d'icône d'un féminisme triomphant – et une carrière artistique en dents de scie, une expérience professionnelle non exempte d'insuccès et où ne figure qu'un petit nombre de grands films. À y regarder de près, en effet, Anna Magnani n'est l'interprète que de quatre grands rôles : la veuve Pina de Rome ville ouverte (1945) de Roberto Rossellini – elle a déjà 37 ans –, la Maddalena de Bellissima (1952) de Luchino Visconti, la Camilla du Carrosse d'or (1952) de Jean Renoir, la Mamma Roma du film homonyme (1962) de P. P. Pasolini.

Anna Magnani

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Anna Magnani (1908-1973) dans Bellissima, de Luchino Visconti, 1951. 

Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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Les débuts de la comédienne se font sous le signe d'œuvres mineures. Après un premier film tourné en 1934, La cieca di Sorrento de Nunzio Malasomma, elle enchaîne avec des œuvres sans relief où elle ne tient que de petits rôles, souvent de soubrette. Il faut attendre 1941 et Teresa Venerdì de Vittorio De Sica pour qu'elle puisse enfin affirmer une personnalité volcanique dans un personnage d'une certaine consistance, une chanteuse de music-hall. Présente dans deux œuvres de 1943 qui annoncent le néoréalisme, Campo de' fiori de Mario Bonnard et L'ultima carrozzella de Mario Mattoli, elle ne doit de s'imposer qu'à Roberto Rossellini qui lui donne le rôle clé de Rome ville ouverte. Il faut préciser que, dans les années 1930, elle avait conquis la notoriété sur les planches, dans des revues musicales au côté du populaire Totò.

Dans les grandes années du néoréalisme, outre le film de Rossellini, on relève à nouveau beaucoup de titres mineurs d'où n'émergent que Le Bandit (1946) d'Alberto Lattuada et L'Honorable Angelina (1947) de Luigi Zampa : elle y incarne une ménagère qui prend la tête d'une [...]


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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

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Jean A. GILI, « MAGNANI ANNA - (1908-1973) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/anna-magnani/