ANIMAUX MODÈLES, biologie

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Tatou à neuf bandes

Tatou à neuf bandes
Crédits : K. Thornsley/ NASA

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Xénope du Cap

Xénope du Cap
Crédits : T. Vinckers

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Une certaine irréductibilité humaine

On peut enfin se demander pourquoi les résultats sont si souvent discordants entre l'homme et « l'animal modèle de », et ce que cela signifie en termes d'identité et de différence. Un élément de réponse se trouve dans l'accumulation des différences entre les deux génomes. Tout organisme est issu de l'assemblage de molécules relativement ubiquitaires entre espèces. Ces assemblages assurent les mêmes fonctions chez deux espèces différentes, mais rarement exactement de la même manière. Cela est largement dû à une somme de petites différences présentes dans la plupart des molécules qui les composent et peuvent les rendre fonctionnellement différentes d'une espèce à une autre. Ainsi, l'immunologie repose très largement sur les résultats obtenus par étude du système immunitaire des souris. La masse de connaissances acquises peut servir pour guérir les souris de la plupart de leurs maladies, y compris de leurs cancers. Mais la transposition à l'homme de procédures thérapeutiques mises au point chez l'animal s'est révélée le plus souvent illusoire : le système immunitaire de la souris n'a en effet pas exactement les mêmes propriétés que celui de l'homme. Un autre élément de réponse réside dans le fait que les produits de nombreux gènes ont une action partiellement redondante avec les produits d'autres gènes, en sorte que l'inactivation de l'un n'entraîne pas nécessairement l'abolition de la fonction pour laquelle il code. Cette manière de pallier des défauts génétiques et fonctionnels varie également d'un organisme à un autre. On découvre aussi qu'un même gène peut être actif à plusieurs moments de la vie de l'animal dans des tissus différents, ce qui revient à dire que lui porter atteinte est porter éventuellement atteinte à plusieurs fonctions distinctes, ce qui rend les résultats plus difficiles à interpréter. Si on ajoute que le travail expérimental s'effectue sur des animaux génétiquement identiques mais jamais sélectionnés dans les conditions naturelles, et de plus élevés dans des conditions s [...]


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Écrit par :

  • : chercheur en histoire des sciences, université Paris-VII-Denis-Diderot, ancien chef de service à l'Institut Pasteur

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«  ANIMAUX MODÈLES, biologie  » est également traité dans :

TÉRATOMES ET TÉRATOCARCINOMES

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 1 084 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Biologie expérimentale des embryons »  : […] Ce sont précisément ces cellules capables de toutes différenciations (totipotentes) qui ont attiré l'attention des biologistes à partir des années 1960. En effet, si les tératomes ont été décrits par les médecins vers 1890, leur étude expérimentale débute vers 1955 lorsque LeRoy Stevens, chercheur au Jackson Laboratory dans le Maine (États-Unis), caractérise une souche de souris qui développe un […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/teratomes-et-teratocarcinomes/#i_53570

Pour citer l’article

Gabriel GACHELIN, « ANIMAUX MODÈLES, biologie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/animaux-modeles-biologie/