ANIMAUX MODÈLES, biologie

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Tatou à neuf bandes

Tatou à neuf bandes
Crédits : K. Thornsley/ NASA

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Xénope du Cap

Xénope du Cap
Crédits : T. Vinckers

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Un emploi abusif de la notion de « modèle animal de maladies humaines »

Si on s'en tient à la situation actuelle, pourquoi s'obstiner à parler de modèle de l'humain, expression inexacte, alors que disposer d'outils nouveaux pour l'étude de la genèse de tel aspect d'une maladie humaine constitue déjà un progrès remarquable ? Une réponse probable, laquelle s'ajoute au triomphalisme spontané de la biologie moderne, est liée à la sociologie des institutions de recherche et à la nature même de la pratique de laboratoire, de la publication en biologie et de l'évaluation des chercheurs. Créer et étudier une « souris modèle d'une maladie » permettra toujours d'observer quelque chose d'intéressant en soi et utile à l'étude de cette maladie chez l'homme, et il serait absurde de s'en priver au prétexte que la maladie n'est pas vraiment la même. Cette démarche donne également l'assurance de publier dans de bons journaux scientifiques, ce qui est un élément important de la carrière du chercheur et du financement du laboratoire. La simplification du langage est un moyen de convaincre des tiers de l'importance de son travail pour le développer afin d'aboutir à une meilleure connaissance de la maladie humaine.

Ce mode de communication n'est pas illégitime. Ce qui importe ici est de s'interroger sur ses conséquences épistémologiques. Poser l'animal modèle comme organisme homothétique à l'homme, dans le contexte où le modèle animal est lui-même un variant génétique d'un ADN murin dit normal, incite de facto à penser en termes de rapport de causalité entre la structure génétique d'un sujet et sa maladie. Cette démarche est complémentaire de la chasse aux gènes de susceptibilité, et induit en retour l'idée d'une étiologie génétique non plus d'une mais de toutes les maladies, ou du moins de la sensibilité qu'un sujet leur manifeste. Cette démarche est-elle justifiée ? Ce mode de pensée se traduit également par une sorte de mise à l'écart du statut particulier de la maladie et du corps malade, lesquels [...]


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Écrit par :

  • : chercheur en histoire des sciences, université Paris-VII-Denis-Diderot, ancien chef de service à l'Institut Pasteur

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TÉRATOMES ET TÉRATOCARCINOMES

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 1 084 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Biologie expérimentale des embryons »  : […] Ce sont précisément ces cellules capables de toutes différenciations (totipotentes) qui ont attiré l'attention des biologistes à partir des années 1960. En effet, si les tératomes ont été décrits par les médecins vers 1890, leur étude expérimentale débute vers 1955 lorsque LeRoy Stevens, chercheur au Jackson Laboratory dans le Maine (États-Unis), caractérise une souche de souris qui développe un […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/teratomes-et-teratocarcinomes/#i_53570

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Pour citer l’article

Gabriel GACHELIN, « ANIMAUX MODÈLES, biologie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/animaux-modeles-biologie/