ANIMAUX MODÈLES, biologie

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Tatou à neuf bandes

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Crédits : K. Thornsley/ NASA

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Xénope du Cap

Xénope du Cap
Crédits : T. Vinckers

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De l'animal expérimental à l'animal modèle

Au sein de l'édifice de l'expérimentation en biologie qui vient d'être décrit, le glissement d'un très petit nombre d'espèces animales vers un statut plus particulier d'animal modèle défini comme tel est associé à – sinon provoqué par – une approche de plus en plus génétique de la biologie et de la médecine, qui va surtout s'affirmer au cours du dernier tiers du xxe siècle avec l'envahissement de tous les domaines de la biologie par les techniques de la biologie moléculaire. Ce glissement est en grande partie lié au choix, effectué de 1900 à 1910 environ, de la drosophile comme animal expérimental en génétique et de la souris en génétique des mammifères, puis en cancérologie expérimentale. Un petit nombre d'autres animaux ont eu temporairement le même statut, par exemple le poulet pour l'étude du développement et du système immunitaire, ou le nématode Caenorhabditis elegans, mais leur rôle est associé à un éventail nettement plus restreint de types d'études que les deux espèces animales citées plus haut.

La drosophile joue un rôle moteur dans la naissance de la génétique formelle à partir du début du xxe siècle avec Thomas Morgan, puis lors des études sur la mutagenèse provoquée dans lesquelles s'illustre Hermann Müller de 1920 à 1930, et enfin en génétique physiologique (c'est-à-dire l'établissement du lien entre gènes et caractères exprimés par l'organisme) à la fin des années 1930. Son importance s'estompe vers la Seconde Guerre mondiale au profit du colibacille et de ses phages, dont l'étude, à partir de 1945, est à l'origine de la génétique puis de la biologie moléculaires.

La drosophile ne cesse pas pour autant d'être étudiée par les généticiens, mais moins activement car la modernité est ailleurs. L'insecte revient sur le devant de la scène comme puissant instrument d'étude du développement embryonnaire des insectes avec Antonio Garcia-Bellido, à partir de 1970, et les premiers travaux sur la fonction des gènes homéotiques dans le développement (très rapidement étendus aux vertébrés), puis à nouveau, à partir de 1990 [...]


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Écrit par :

  • : chercheur en histoire des sciences, université Paris-VII-Denis-Diderot, ancien chef de service à l'Institut Pasteur

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«  ANIMAUX MODÈLES, biologie  » est également traité dans :

TÉRATOMES ET TÉRATOCARCINOMES

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 1 084 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Biologie expérimentale des embryons »  : […] Ce sont précisément ces cellules capables de toutes différenciations (totipotentes) qui ont attiré l'attention des biologistes à partir des années 1960. En effet, si les tératomes ont été décrits par les médecins vers 1890, leur étude expérimentale débute vers 1955 lorsque LeRoy Stevens, chercheur au Jackson Laboratory dans le Maine (États-Unis), caractérise une souche de souris qui développe un […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/teratomes-et-teratocarcinomes/#i_53570

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Pour citer l’article

Gabriel GACHELIN, « ANIMAUX MODÈLES, biologie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/animaux-modeles-biologie/