ANGOISSE

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Angoisse et névrose

Le problème qui reste posé est celui de savoir si le primordial que nous avons invoqué ne cacherait pas un archaïque plongeant dans l'enfance, si l'angoisse ne se ramènerait pas à des séquelles d'un traumatisme psychique déterminant une anxiété, voire des phobies, d'où toute expérience métaphysique devrait être exclue. C'est ainsi que les psychanalystes ont fait de l'angoisse la traduction d'une névrose ; mais, sur ce problème, les idées de Freud ont évolué. Après avoir vu dans l'angoisse la manifestation de la libido refoulée par le moi, Freud a pensé que l'angoisse manifestait surtout la présence du surmoi et qu'elle provoquait le refoulement, bien loin que ce soit le refoulement qui fasse surgir l'angoisse. Freud ne s'arrête guère aux explications par le traumatisme de la naissance, proposées par Rank, ni à celles d'Adler, par le complexe d'infériorité. Dans la dernière partie de sa vie, Freud a fait de l'angoisse l'expression d'un conflit inconscient opposant le moi à des tendances érotiques et à des tendances agressives. Quoi qu'il en soit de l'évolution de la pensée de Freud à ce sujet, nous retrouvons au cœur même de ses théories de la névrose l'idée que le moi est malade du monde et de lui-même. L'angoisse n'est peut-être pas une maladie, mais c'est la conscience qui en est une, dans la mesure où elle est le vécu d'une déroute dramatique.


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Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, docteur ès lettres, professeur de philosophie à l'université de Dijon

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Pour citer l’article

Jean BRUN, « ANGOISSE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/angoisse/