KRAUSS ANGELA (1950- )

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« Lorsque tout change », écrit Angela Krauss, « on se demande si les objets sont restés les mêmes, et si nos rapports avec eux n'ont pas changé. Paradoxalement, on commence par penser que ce sont les objets qui ont changé. En réalité, c'est notre relation à eux qui s'est modifiée : les objets, les „choses“ servent de révélateur. » Peu d'écrivains allemands, est-allemands, ont porté une attention aussi soutenue aux « choses » qu'Angela Krauss, au moment où la réalité a basculé à l'automne 1989. Encore moins nombreux sont ceux qui ont su décrire avec autant de concision et de sobriété les situations nouvelles nées d'un monde en plein bouleversement. Observatrice sensible et perspicace, Angela Krauss relate dans de petits récits – ou dans de longs poèmes en prose – l'altération du regard, le changement de perspective, le bouleversement intérieur du sujet. Le monde tangible, le monde des choses, est repère et refuge. Angela Krauss qui a fait des études d'art graphique à Berlin porte une grande attention aux formes et aux objets.

Née en 1950 à Chemnitz, elle a suivi les cours du Johannes-Becher-Institut (l'institut de littérature de l'université de Leipzig destiné en R.D.A. à former les écrivains), et peu publié avant la chute du Mur : deux minces volumes de récits qui donnent déjà la mesure de son talent d'observatrice et de styliste, Das Vergnügen (1984, Le Plaisir) et Das Glashaus (1988, La Maison de verre). Ses premiers récits empruntent leurs sujets aux souvenirs d'enfance : évocations des vacances dans les monts Métallifères auprès de la grand-mère, évocations récurrentes des petites filles russes qui vivent dans un monde interdit et coloré, fascination pour la langue inconnue aux sonorités si douces, tout est pour Angela Krauss matière à évasion, invitation au voyage de la fantaisie et de l'imagination.

C'est avec le récit Der Dienst (1989, Le Service), couronné par le prix Ingeborg Bachmann à Klagenfurt, qu'elle s'est fait connaître d'un plus large public. Suivirent d'autres récits : Die Überfliegerin (1995, À tir [...]

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  • : directrice de l'association Les Amis du roi des Aulnes, traductrice

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Dans le chapitre « La fin d'une époque »  : […] Les années 1990 ont vu mourir les grandes voix de la littérature allemande de l'après-guerre, d'Elias Canetti (1905-1994) à Heiner Müller (1929-1995), en passant par Thomas Bernhard (1931-1989), Max Frisch (1911-1991), Hans Sahl (1902-1993), Stephan Hermlin (1915-1997) et Stefan Heym (1913-2001), des écrivains qui pour la plupart ont été les témoins des heures les plus sinistres de l'histoire alle […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/allemandes-langue-et-litteratures-litteratures/#i_70158

Pour citer l’article

Nicole BARY, « KRAUSS ANGELA (1950- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/angela-krauss/