GABRIEL ANGE JACQUES (1698-1782)

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L'École militaire, Paris

L'École militaire, Paris
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photographie

École militaire : plan selon le projet d'Ange Jacques Gabriel en 1751

École militaire : plan selon le projet d'Ange Jacques Gabriel en 1751
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin


L'art de Gabriel

Un projet destiné à l'Opéra montre deux motifs possibles pour l'encadrement de la loge royale : un stipe de palmier et un pilastre. Cette hésitation consciente entre les libertés de la rocaille et le retour à l'ordre classique invite à situer Gabriel dans le mouvement profond qui transformait l'art français depuis le milieu du siècle. Les édifices dessinés par Gabriel père vers 1735 montrent que l'évolution classique engagée au temps de Louis XIV s'était légèrement infléchie sous l'influence de l'art italien. L'hôtel de ville de Rennes, avec sa concavité centrale et son beffroi bulbeux, garde le souvenir de la place Navone que Gabriel père a pu admirer à Rome avec Robert de Cotte en 1689. Les dessins signés par Ange Jacques en 1747 pour l'église de Choisy sont encore animés d'un pittoresque qui va progressivement s'effacer après 1750.

Le retour au classicisme est un mouvement que Gabriel n'a ni précédé ni entraîné, comme d'autres ont pu le faire autour de lui, mais auquel il s'est associé. Bien qu'il n'eût pas visité l'Italie, ses fonctions de premier architecte du roi lui assuraient la direction de l'Académie d'architecture et le plaçaient donc au centre du mouvement artistique de son temps : il a donné l'imprimatur aux écrits des réformateurs, écouté les conférences, approuvé les projets d'architecture publique, jugé les concours de Rome ainsi que les envois des lauréats férus d'archéologie gréco-romaine.

Les années où Gabriel met au point ses dessins pour la place Louis-XV sont marquées dans l'architecture parisienne par ce qu'on a nommé le style « à la grecque ». Il s'agit en réalité d'un hellénisme de convention, reconstitué par ouï-dire en attendant la publication des premiers recueils sur les antiquités d'Athènes. Ce qu'on peut dire, c'est qu'un désir de sobre élégance et le retour au « grand goût » du règne de Louis XIV dominaient alors son inspiration. L'ordre corinthien, qui orne la place Louis-XV, étudié depuis longtemps d'après ses plus beaux exemples romains, est celui dont l'archéologie du [...]


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Écrit par :

  • : conservateur du Patrimoine en chef de la Ville de Paris, membre associé de l'Académie d'architecture

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Pour citer l’article

Michel GALLET, « GABRIEL ANGE JACQUES - (1698-1782) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ange-jacques-gabriel/