CAMILLERI ANDREA (1925-2019)

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L'archive, support de la fiction

Cette expérience de travail pour la scène et pour l'écran s'avérera décisive dans l'œuvre écrite. De fait, la première caractéristique des romans de Camilleri, c'est l'habileté de la construction et le découpage en séquences et dialogues dignes d'un scénario. La seconde, c'est sa langue, cet italien sicilianisé qu'il parlait avec son père et grâce auquel il a réussi à passer de la nouvelle au roman. D'un livre à l'autre, Camilleri ne va cesser d'enrichir cette langue, dont il use simultanément avec l'italien classique et le dialecte pur, en fonction des besoins de la narration.

À partir du milieu des années 1990, stimulée par un succès grandissant, la créativité littéraire de Camilleri va se déployer, à côté d'essais, notamment sur Pirandello, principalement dans deux registres. Suivant un procédé déjà utilisé par Sciascia, son deuxième génie tutélaire, des romans historiques à trame policière prennent pour point de départ quelques lignes d'archives évoquant un événement oublié, et à partir desquels va travailler l'imagination de l'auteur : citons ce qui peut être considéré, avec Il Re di Girgenti (2001 ; Le Roi Zosimo, 2003), comme son chef-d'œuvre : Il birraio di Preston, 1995 (traduit en français sous le titre L'Opéra de Vigàta, 1998). Dans ce dernier livre, l'habileté de la construction, sorte de maelström temporel autour de la scène initiale, ce tourbillon de flammes dévorant l'opéra d'une petite ville sicilienne, la virtuosité des allers-retours entre la farce et la tragédie, la force et la justesse du trait dans la galerie des personnages, toutes ces qualités s'appuient sur la langue qui devient le protagoniste du récit.

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«  CAMILLERI ANDREA (1925-2019)  » est également traité dans :

POLICIER ROMAN

  • Écrit par 
  • Claude MESPLÈDE, 
  • Jean TULARD
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Dans le chapitre « Italie »  : […] Après les années noires où la littérature policière avait été interdite par Mussolini, Giorgio Scerbanenco (1911-1969) fait figure de pionnier. Considéré comme le père du roman noir italien, il met en scène Duca Lamberti, radié du conseil de l'ordre des médecins pour euthanasie, et n'a pas son pareil pour décrire le banditisme organisé et les affaires louches à Milan ( Vénus privée , 1966). À la m […] Lire la suite

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Serge QUADRUPPANI, « CAMILLERI ANDREA - (1925-2019) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/andrea-camilleri/