DERAIN ANDRÉ (1880-1954)

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Derain et le fauvisme

Derain est né en 1880, à Chatou, près de Paris. Ses débuts avant le fauvisme sont difficiles à saisir. Lié avec Matisse depuis le temps où ils travaillaient ensemble à l'académie Carrière (1898-1899), ami de Vlaminck depuis 1900 (il s'agit d'ailleurs d'une amitié orageuse et à éclipses), jusqu'en 1904 il cherche sa voie à travers des influences nombreuses et contradictoires dont la plus puissante est celle de Van Gogh. On connaît l'épisode, souvent raconté, de la visite de l'exposition Van Gogh chez Bernheim-Jeune en 1901, où Derain présente Vlaminck à Matisse. On cite plus rarement l'exposition Van Gogh du Salon des indépendants, au printemps de 1905 ; la production de Derain avant 1905 (tout comme celle de Vlaminck d'ailleurs) étant peu nombreuse et faiblement marquée par Van Gogh, on peut se demander si l'influence de celui-ci n'a pas été antidatée. Les œuvres de cette première période reflètent un tempérament original, pur de toute réminiscence académique, mais qui paraît hésiter encore sur la voie à suivre.

1905-1906 : c'est l'époque des vues de Londres, de Collioure et de quelques portraits. La révélation de Van Gogh, l'exemple de Matisse qu'il rejoint à Collioure pendant l'été de 1905, celui aussi sans doute de Signac et de Cross sont, cette fois, assimilés. Dans ces œuvres s'exprime avant tout le fort tempérament de l'artiste : couleur éclatante mais sans brutalité, dessin qui simplifie sans déformer, composition très hardie mais toujours très lisible et calculée ; tout concourt à faire de cette série de tableaux un des temps forts de la peinture du début du siècle.

Pourquoi et comment Derain est-il sorti du fauvisme ? Il était bien difficile d'aller plus loin que les fauves dans le paroxysme des couleurs. En 1906-1907, il semble (mais la datation des œuvres n'est pas toujours facile) qu'il s'oriente vers des compositions plus sinueuses, plus organisées, où se devine la leçon de Gauguin. Les couleurs en restent vives, sans avoir cependant la violence de celles des années précédentes. Après 1907, Derain, qui s'est lié avec Picasso, raréfi [...]


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Écrit par :

  • : conservateur du musée de l'Orangerie, chargé du palais de Tōkyō

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  • Écrit par 
  • Michel HOOG
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Dans le chapitre « Historique »  : […] Quand les fauves se manifestèrent comme tels en 1905, ce fut pour la critique, et surtout pour le public, une découverte ; en fait, la plupart d'entre eux travaillaient depuis quelques années déjà dans un esprit révolutionnaire et exposaient ici et là, notamment à la galerie Berthe Weil. C'est autour de Matisse, que son âge et son autorité intellectuelle prédisposaient à jouer ce rôle, que s'est c […] Lire la suite

Pour citer l’article

Michel HOOG, « DERAIN ANDRÉ - (1880-1954) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/andre-derain/