CHÉNIER ANDRÉ (1762-1794)

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Du berceau à la guillotine

Des travaux remarquables ont permis de bien connaître le détail de cette courte vie. Né à Constantinople, André Chénier tenait de sa mère, qui était issue d'une famille latine d'Orient, une âme grecque. À trois ans, ses parents l'amènent en France. Études solides au collège de Navarre, où, roturier pauvre, il côtoie les héritiers riches et titrés ; il y noue de nobles amitiés (voir les Épîtres). À partir de dix-huit ans, dure recherche d'un emploi et, pour occuper le temps, alternance des travaux et des dissipations. Des amours faciles (Lycoris), une liaison orageuse avec une créole de mince vertu (Camille-D'Azan). Un bref séjour dans l'armée à Strasbourg ; un voyage en Suisse avec les frères Trudaine, peut-être un autre en Italie. À vingt-cinq ans, il se résigne à prendre une place d'humble secrétaire dans la diplomatie et séjourne à Londres jusqu'en 1790. La Révolution lui donne une raison d'exister ; il regagne la France pour agir. Journaliste, son ardeur le perdra. « Modéré violent » (R. Brasillach), il part en guerre contre la tyrannie jacobine et se fait des ennemis mortels. La journée du 10 août le jette dans la clandestinité. Il séjourne notamment dans la banlieue de Versailles, où il entretient une amitié amoureuse avec Fanny Le Coulteux. Le 7 mars 1794, il tombe dans une souricière. Les Iambes étaient déjà entamés. Pourtant, c'est un « prosateur stérile » que ses tueurs envoient à l'échafaud quatre mois plus tard.


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Écrit par :

  • : professeur de littérature française à l'université de Rennes-II-Haute-Bretagne

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Pour citer l’article

Édouard GUITTON, « CHÉNIER ANDRÉ - (1762-1794) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/andre-chenier/