AN ENQUIRY INTO THE NATURE AND EFFECTS OF THE PAPER CREDIT OF GREAT BRITAIN, Henry ThorntonFiche de lecture

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Le prêteur en dernier ressort

À la veille des guerres napoléoniennes, la Grande-Bretagne est dotée d'un système de crédit et de banque évolué et hiérarchisé. Le papier commercial émis par les marchands constitue la base du système. À un deuxième niveau, les banques de province escomptent ce papier commercial, en octroyant des crédits garantis par celui-ci, gèrent des dépôts et émettent des billets. À l'échelon supérieur, les banques de Londres font office de correspondant et d'intermédiaire entre les banques de province. Elles gèrent des dépôts, font de l'escompte mais, bien qu'elles soient autorisées à le faire, n'émettent pas de billets ; elles travaillent avec les billets de la Banque d'Angleterre. Au sommet, figure la Banque d'Angleterre, la seule banque à émettre des billets sur la place de Londres, bien qu'elle n'ait pas le monopole d'émission pour le royaume. Ses billets sont essentiellement utilisés comme moyens de paiement par les marchands et les banques. Dans ce système, nous dit Thornton, le billet de la Banque d'Angleterre joue un rôle singulier. En cas de crise de confiance envers les débiteurs et de fuite vers la qualité de la part des créanciers, il fait office de refuge, comme l'or.

Lorsque la confiance règne, les marchands acceptent sans difficulté les billets des banques de province en règlement des biens qu'ils vendent, et volontiers les traites commerciales qui portent intérêt et qu'ils gardent en portefeuille plutôt que de les porter à l'escompte. Dans ce contexte, les titres du bas de la hiérarchie des instruments de crédit circulent lentement, les titres du haut, rapidement. Ainsi, les divers moyens de circulation présentent des caractéristiques de rendement, de risque et de circulation différentes, mais qui changent quand l'état général de confiance se modifie. En conséquence, il n'existe aucun rapport stable entre la quantité de billets et la quantité de biens circulant dans l'économie.

Quand la méfiance apparaît, les gens rejettent les traites privées et les billets des banques de province et ne veulent que les billets de la Banque d'Angleterre, ou l'or. On assiste à une crise de liquidité des banques, à une contraction des crédits et des échanges, à une hausse des taux d'intérêt. Pour restaurer la confiance, la Banque d'Angleterre doit alors intervenir comme prêteur en dernier ressort. Elle doit rassurer les gens et rétablir les conditions antérieures de la circulation et du crédit, en acceptant de prêter largement et d'émettre des billets. Dans les circonstances de la guerre, Thornton approuve la suspension de l'étalon or que la mise en œuvre de cette politique nécessitait.

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THORNTON HENRY (1760-1815)

  • Écrit par 
  • Jérôme de BOYER
  •  • 459 mots

L'Anglais Henry Thornton fut évangéliste, banquier, parlementaire et économiste. Descendant d'une lignée de pasteurs du Yorkshire, il est le fils cadet de John Thornton, riche négociant en affaires avec la Russie et les pays Baltes et grand philanthrope. Évangéliste militant comme son père, Henry Thornton fut un fondateur de la secte de Clapham et le trésorier de plusieurs sociétés religieuses : l […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Jérôme de BOYER, « AN ENQUIRY INTO THE NATURE AND EFFECTS OF THE PAPER CREDIT OF GREAT BRITAIN, Henry Thornton - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/an-enquiry-into-the-nature-and-effects-of-the-paper-credit-of-great-britain/