ÂME

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Avènement de la « psychologie » avec Socrate, Platon et Aristote

La mission de Socrate auprès de ses contemporains était de les rappeler « au soin qu'il faut prendre de son âme » (Apologie, 24 d ; 30 a) pour la rendre meilleure, car « l'homme, c'est son âme » (Alcibiade, 130 c).

Héritier de Socrate, Platon organise sa doctrine en une véritable psychologie. Mettant en scène son maître dans la prison au moment où il va mourir, il saisit cette occasion dans le Phédon pour nous enseigner la vraie nature de l'âme et les arguments qui fondent son immortalité. Il développe quatre preuves :

– Tout changement a lieu d'un contraire à un autre, et il doit pouvoir s'accomplir dans un sens ou dans l'autre, car, si le passage n'avait lieu que dans un seul sens, tout finirait par se confondre dans une unité immobile. Appliquons ce principe à l'opposition de la vie et de la mort, il en résulte qu'il ne doit pas y avoir seulement passage de la vie à la mort, mais aussi de la mort à la vie (70 c-72 c) ;

– La vie intellectuelle de l'âme, qui est une réminiscence, suppose une connaissance des Idées dans une vie antérieure à notre existence présente (72 c-77 a) ;

– L'âme qui connaît les Idées est de la même famille que celles-ci, car le semblable est connu par le semblable. Comme l'Idée, l'âme est donc simple, de nature divine, et la simplicité de son essence comme l'immatérialité de son opération impliquent l'impossibilité de sa dissolution et la certitude de son immortalité. Précisons : la partie de l'âme qui connaît l'Idée, le νο̃υς, est donc immortelle (78 b, 80 c) ;

– Chaque chose est ce qu'elle est par participation à une Idée, et une Idée déterminée ne peut admettre son contraire. L'âme a pour essence la vie, elle exclut par conséquent son contraire, la mort. Donc l'âme est immortelle (105 b-107 a). « C'est donc réellement que nos âmes à nous existent éternellement dans les demeures d'Hadès » (107 a).

On voit bien que les prémisses de ces raisonnements rappe [...]


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Pour citer l’article

Pierre CLAIR, Henri Dominique SAFFREY, « ÂME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ame/