AMBROISE DE MILAN (339-397)

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La personnalité d'Ambroise : christianisme et romanité

On a dit d'Ambroise qu'il était « un grand prince de l'Église, faisant revivre, au sein d'une nouvelle forme de vie, les capacités politiques des sénateurs stoïciens du temps de Cicéron » (E. Bickel). En ce sens, bien que chrétien de naissance, Ambroise reste un Romain et même un ancien Romain. Pour lui, romanité et chrétienté s'identifient. À une époque où l'idée théocratique byzantine commence à se développer, son attitude politique a encore quelque chose de républicain : le pouvoir de l'empereur n'est pas absolu et reste soumis aux lois qu'il a édictées (Lettres XXI, 9 et XL, 2). Ambroise ne craint pas, d'ailleurs, de mobiliser la foule contre le pouvoir impérial et de rendre ainsi le peuple conscient de ses responsabilités politiques. Lorsque en 386 l'impératrice Justine veut attribuer une église de Milan à un évêque arien, Ambroise fait occuper la basilique Porciana par ses fidèles, maintient jour et nuit l'enthousiasme collectif en faisant chanter à la foule psaumes et hymnes, selon la coutume de l'Église grecque, qui s'introduira de la sorte en Occident, et oblige ainsi finalement l'impératrice à capituler devant cette arme nouvelle : la résistance passive. Mais Ambroise sait aussi traiter directement avec les grands et les puissants, que ce soit avec l'usurpateur Maxime, pour défendre les droits du jeune Valentinien II (383-384), ou avec Théodose, dont la forte personnalité finira par être conquise par Ambroise (388-395).

Le stoïcisme romain revit aussi, sous une forme nouvelle, dans le De officiis ministrorum d'Ambroise. Aux hommes d'action de son temps, Cicéron avait proposé un manuel stoïcien de conduite pratique, qu'il avait dédié à son fils. À ses fils spirituels, les ministres de l'Église, Ambroise dédie un ouvrage de titre analogue, et qui suit, point par point, le plan du traité de Cicéron. C'est qu'Ambroise perçoit une analogie entre les devoirs des fonctionnaires sacrés et ceux des hauts fonctionnaires de l'État ro [...]


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Pour citer l’article

Pierre HADOT, « AMBROISE DE MILAN (339-397) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ambroise-de-milan/