ALLEGRO BARBARO. BÉLA BARTÓK ET LA MODERNITÉ HONGROISE 1905-1920 (exposition)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Bartók au miroir de la peinture

Dans cette incandescence, le nom de Béla Bartók (1881-1945) brille d’un éclat particulier. Animé d’un sentiment patriotique farouche, révolté contre l’emprise de la culture germanique en Hongrie, le musicien s’affirme avec le poème symphonique Kossuth (1903) avant de partir pour Paris, où son échec au concours Anton Rubinstein ne fait qu’affermir sa volonté d’explorer le trésor de la musique folklorique hongroise, mais aussi slovaque et roumaine. Menée à bien avec son ami Zoltán Kodály, cette singulière entreprise donne pour premier fruit un recueil de vingt chansons paysannes hongroises, en 1906. Au cours des années suivantes, Bartók affermit sa réputation avec les deux Suites pour orchestre (1905, 1907), le Premier Concerto pour violon (1908), l’Allegro barbaro (1911)… Ensuite s’ouvrira le chemin d’une gloire nuancée de défiance (« Bartók ? c’est un chimiste ! », dira Igor Stravinski) jusqu’à sa disparition.

Parmi les plus saisissantes confrontations de l’exposition, celle qui concerne les portraits figure au premier rang. En regard des Deux Portraits pour orchestre de Bartók (1907, 1908), le spectateur est ainsi convié à découvrir l’Autoportrait (vers 1908) de Sándor Ziffer, qui semble hésiter entre le symbolisme de Paul Gauguin et le fauvisme d’Henri Matisse, et l’Autoportrait au chapeau de paille (1906) de Róbert Berény, plus proche de Paul Cézanne. Mais, dans les deux cas, le plus frappant reste l’abandon délibéré de tout approfondissement psychologique au profit d’une affirmation violente de l’image, de la même façon que Bartók tourne le dos au pathos postromantique dans son écriture d’une véhémence volontairement brutale.

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages




Écrit par :

  • : professeur de musicologie à l'université de Paris-Sorbonne, professeur d'esthétique au conservatoire à rayonnement régional de Paris

Classification

Voir aussi

Pour citer l’article

Gérard DENIZEAU, « ALLEGRO BARBARO. BÉLA BARTÓK ET LA MODERNITÉ HONGROISE 1905-1920 (exposition) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/allegro-barbaro-bela-bartok-et-la-modernite-hongroise-1905-1920/