HITCHCOCK ALFRED (1899-1980)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Alfred Hitchcock

Alfred Hitchcock
Crédits : Hulton Archive/ Getty images

photographie

Rebecca, d'Alfred Hitchcock

Rebecca, d'Alfred Hitchcock
Crédits : Twentieth Century-Fox Film Corporation/ Collection privée

photographie

La Mort aux trousses, A. Hitchcock

La Mort aux trousses, A. Hitchcock
Crédits : Istituto Geografico De Agostini

photographie

Grace Kelly

Grace Kelly
Crédits : Hulton Getty

photographie

Tous les médias


Soupçons...

La place du spectateur est à la mesure de ces vides creusés dans le film par l'auteur et les comédiens. Elle est immense. On a souvent jeté le discrédit sur l'œuvre de Hitchcock en parlant de manipulation. Comme s'il pouvait y avoir du cinéma sans manipulation ! Ceux qui tournent des films avec la prétention de changer le monde et de faire entendre leur message seraient-ils moins manipulateurs ?

La force des images de Hitchcock est évidente. Mais le pouvoir du cinéaste n'est jamais ici au service de quelque idée, thèse ou théorie. L'art de Hitchcock est sans message. Il est au contraire l'instrument du soupçon. Hitchcock, certes, allume notre désir, polarise notre attention, notre sympathie ou notre méfiance à l'égard de tel ou tel personnage. Mais jamais le cinéaste ne cherche à nous faire aimer ou haïr ce qu'il croirait juste de défendre ou de combattre. Même un film de propagande antinazie comme Correspondant 17 échappe heureusement à l'intention de départ, devient une réflexion sur le mal au moins autant qu'une mobilisation contre lui.

Car il s'agit de mettre en question le désir lui-même. Désir du personnage et du spectateur. Nous savons qu'un homme va être tué quand le coup de timbale retentira au cours de l'exécution de la cantate (L'Homme qui en savait trop). Nous attendons l'instant décisif. Autrement dit, nous désirons voir le meurtre, et aussi l'empêcher. Nous avons à la fois envie de la violence et peur de la violence. Le travail de Hitchcock s'efforce de retenir, déplacer, relancer le désir. Moyennant quoi, il nous donne le moyen d'en saisir l'ambivalence.

On pourrait soutenir le paradoxe suivant : les films de Hitchcock ne sont pas des films d'action. Ce sont des films d'émotion.

Ce qui est dilaté, mis en valeur par l'écran n'est pas le moment où l'on agit, mais les battements de cœur, l'impatience, l'appréhension et les hésitations qui précèdent l'acte, le remords et la culpabilité qui le suivent. Comme tous les grands créateurs anxieux, Hitchcock se sert de son art pour apprivoiser l'angoisse, la rêver et la ruminer. Son cinéma est parfois c [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages


Écrit par :

  • : docteur ès lettres, professeur à l'université de Paris-V-René-Descartes, critique de cinéma

Classification


Autres références

«  HITCHCOCK ALFRED (1899-1980)  » est également traité dans :

VERTIGO, film de Alfred Hitchcock

  • Écrit par 
  • Jacques AUMONT
  •  • 956 mots

De tous les cinéastes qui ont fait le cinéma classique hollywoodien, c'est Alfred Hitchcock (1899-1980) qui a eu l'ambition la plus complète, puisqu'il voulait captiver le spectateur autant par la forme du film que par le récit. Très tôt, il a travaillé des modes du récit, au premier chef le suspense, auquel son nom reste attaché […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/vertigo/#i_15492

VERTIGO (A. Hitchcock), en bref

  • Écrit par 
  • Joël MAGNY
  •  • 206 mots

Avec Vertigo (Sueurs froides, 1958), Alfred Hitchcock pousse à son comble sa conception du suspense. La profondeur psychologique de l'intrigue, inspirée d'un roman de Boileau et Narcejac, le confirme définitivement comme un immense cinéaste à la fois populaire et expérimental. Le suspense n'a plus seulement po […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/vertigo-en-bref/#i_15492

ANGLAIS (ART ET CULTURE) - Cinéma

  • Écrit par 
  • N.T. BINH
  •  • 3 484 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Le complexe américain »  : […] L'un des problèmes séculaires du cinéma britannique est sa rivalité complice, sa relation d'amour-haine avec Hollywood. Dès les années 1910, le cinéma américain impressionne le public anglais, phénomène qui s'accentuera avec le parlant, grâce à la langue qui leur est commune, et malgré les efforts des autorités pour favoriser la production nationale par un système de quotas. Durant les années 193 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/anglais-art-et-culture-cinema/#i_15492

CHABROL CLAUDE (1930-2010)

  • Écrit par 
  • Joël MAGNY
  •  • 3 525 mots
  •  • 2 médias

Des cinéastes de la Nouvelle Vague, Claude Chabrol est le plus inclassable. Il n'a ni le romantisme réfléchi de Truffaut, ni la modernité affichée de Godard, ni l'ascétisme quasi mystique de Rivette, ni la rigueur obsessionnelle de Rohmer. Si certains projets attendent le moment propice pour éclore, il préfère tourner n'importe quoi plutôt que de ne pas tourner, comme un sportif ne cesse de s'entr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/claude-chabrol/#i_15492

CINÉMA (Réalisation d'un film) - Mise en scène

  • Écrit par 
  • Joël MAGNY
  •  • 4 765 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Le cinéma hollywoodien : l'illusion reine »  : […] Bien plus complexe est la stratégie développée par le cinéma hollywoodien pour attirer le public, le séduire et réduire autant que possible sa marge de manœuvre. Elle est essentiellement d'ordre économique. L'organisation du travail, lointainement inspirée du taylorisme, et sa répartition rigoureuse sous l'égide des grands studios ont pour but de canaliser l'imagination des réalisateurs vers une e […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cinema-realisation-d-un-film-mise-en-scene/#i_15492

CINÉMA (Réalisation d'un film) - Musique de film

  • Écrit par 
  • Alain GAREL
  •  • 6 504 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « L'avènement du sonore »  : […] L'avènement du sonore mit un terme à ces pratiques aléatoires qui ne peuvent que laisser perplexe dans la mesure où d'une salle à l'autre la perception que le spectateur avait des images pouvait s'avérer différente. Toutefois, il créa de nouveaux problèmes. Une question fondamentale se posa en effet : dès lors que tous les sons émis à l'image étaient audibles, comment justifier la présence d'une m […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cinema-realisation-d-un-film-musique-de-film/#i_15492

CRITIQUE DE CINÉMA

  • Écrit par 
  • Joël MAGNY
  •  • 5 021 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le débat autour des notions d'auteur et de mise en scène »  : […] Deux publications préparent la naissance d'une critique moderne. L'Écran français (1943-1953), né sous la clandestinité, et d'abord abrité par Les Lettres françaises , devient rapidement un hebdomadaire indépendant de ses origines politiques comme de la publicité cinématographique. Dans cet espace de liberté, sous la direction de Jean-Pierre Barrault et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/critique-de-cinema/#i_15492

GOTHIQUE LITTÉRATURE & CINÉMA

  • Écrit par 
  • Gilles MENEGALDO
  •  • 6 387 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Le mythe transformé : le néogothique »  : […] À la fin des années 1960, Angela Carter commence à publier des récits très originaux, fondés en partie sur une réinterprétation ironique de motifs comme la maison gothique, espace domestique carcéral et aliénant pour la femme. Dans The Bloody Chamber and Other Stories (1979), elle réécr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/litterature-et-cinema-gothique/#i_15492

GRANGER FARLEY (1925-2011)

  • Écrit par 
  • Melinda C. SHEPHERD
  • , Universalis
  •  • 411 mots

L' acteur américain Farley Granger figura en tête d'affiche de deux des films les plus connus d'Alfred Hitchcock, Rope (1948, La Corde ), dans lequel il incarne un des deux meurtriers face à James Stewart qui les percera à jour, et Strangers on a Train (1951, L'Inconnu du Nord-Express ), où il interprète le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/farley-granger/#i_15492

GRANT ARCHIBALD ALEXANDER LEACH dit CARY (1904-1986)

  • Écrit par 
  • André-Charles COHEN
  •  • 918 mots
  •  • 2 médias

Si, dans les années 1930, le cinéma italien avait créé un univers de « téléphones blancs », Hollywood, dans ses films, avait également su concevoir un environnement sans aspérités, où les stars évoluaient avec élégance et nonchalance, tout en s'adaptant aux situations les plus trépidantes des screwball comedies . Le jeune comédien Cary Grant (de son vrai nom Archibald Leach), […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/grant-archibald-alexander-leach-dit-cary/#i_15492

HERRMANN BERNARD (1911-1975)

  • Écrit par 
  • Juliette GARRIGUES
  •  • 3 003 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une collaboration exemplaire »  : […] En 1955, Bernard Herrmann commence à travailler avec Alfred Hitchcock, pour The Trouble with Harry ( Mais qui a tué Harry ? ). C'est pour ce film que le compositeur esquisse son célèbre accord – une septième majeure/mineure –, que l'on peut désigner comme l'accord hitchcockien par excellence puisqu'il va apparaître dans presque tous les films de ce réa […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bernard-herrmann/#i_15492

KELLY GRACE (1928-1982)

  • Écrit par 
  • André-Charles COHEN
  •  • 650 mots
  •  • 1 média

Selon une conception quelque peu manichéenne de la femme à l'écran dans les années 1950, certains producteurs et réalisateurs hollywoodiens faisaient hésiter le héros masculin entre deux sortes de femmes : l'angélique, lisse de toute passion, revue et corrigée par l'éthique puritaine du « Code Hays », et la femme tentatrice, au passé toujours chargé. C'est ainsi que la jeune Grace Kelly – découve […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/grace-kelly/#i_15492

LEIGH JANET (1927-2004)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 444 mots

L' actrice américaine Janet Leigh tourna au cours de sa carrière, une soixantaine de films pour le cinéma et la télévision. Elle demeure cependant surtout connue pour avoir interprété un rôle bien précis, celui de Marion Crane dans Psycho (1960, Psychose ) d'Alfred Hitchcock. Elle y connaît l'une des morts les plus mémorables jamais représentée à l'écra […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/janet-leigh/#i_15492

MUSIQUE ET CINÉMA, LE MARIAGE DU SIÈCLE ? (exposition)

  • Écrit par 
  • Christian VIVIANI
  •  • 1 092 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Bernard Herrmann, Michel Legrand, Nino Rota... »  : […] Le visiteur baigne d’emblée dans la musique, tandis qu’une disposition technique astucieuse et intelligente évite la cacophonie ou la bousculade : on regarde les notes écrites, les extraits de films, les portraits, les génériques évocateurs et, quand un lieu d’écoute se libère, on s’y installe ; rien que pour soi, les compositeurs de musique de films y murmurent des confidences, se laissent surpr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/musique-et-cinema-le-mariage-du-siecle/#i_15492

PARLANT (CINÉMA) - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Michel CHION
  •  • 3 247 mots

1899 États-Unis. Th e Astor Tramp , « picture song » de Thomas Edison. Bande filmée destinée à être accompagnée d'une chanson chantée en salle (derrière l'écran) par des artistes invités. 1900 France. Présentation par Clément Maurice du Phono-Cinéma-Théâtre à l’'Exposition universelle. Au programme, une scène d' Ham […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/parlant-cinema-reperes-chronologiques/#i_15492

PARLANT CINÉMA

  • Écrit par 
  • Michel CHION
  •  • 8 151 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Augmentation du pouvoir narratif »  : […] Le pouvoir narratif de l'image animée seule, sans le secours d'un texte, est faible. Il a fallu beaucoup d'efforts et de très grands artistes comme Murnau pour parvenir, dans un film comme Le Dernier des hommes , à faire raconter une histoire par des images privées de tout secours d'un texte, qu'il soit écrit (intertitres) ou oral (le « bonimenteur » qui officiait dans les s […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cinema-parlant/#i_15492

POLICIER FILM

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  • , Universalis
  •  • 4 322 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Une morale ambiguë »  : […] À la fin d'une histoire policière est expliqué le crime, c'est-à-dire un aspect de la nature humaine. Dans les serials du cinéma muet, tout était simple : les bons d'un côté, les méchants de l'autre. Mais, avec l'avènement du film noir, la présence simultanée du Bien et du Mal en une même personne constitue le thème central du film. « Vous croyez que le bien c'est la lumière […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/film-policier/#i_15492

STEWART JAMES (1908-1997)

  • Écrit par 
  • N.T. BINH
  •  • 999 mots
  •  • 2 médias

Maigre, extraverti, adolescent attardé, souvent bafouillant et gesticulant, James Stewart ne correspondait pas à l'idée préconçue du séducteur hollywoodien, ni même du bon comédien. Il fut pourtant adulé par la critique autant que par le public, et Kim Novak le désigna comme son partenaire « le plus sexy ». Père de famille tranquille, il fut l'une des rares superstars à ne donner naissance à aucun […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/james-stewart/#i_15492

SUSPENSE, cinéma

  • Écrit par 
  • Victor BACHY
  •  • 227 mots

Les moments de suspense d'un film éveillent un sentiment d'attente angoissée. L'irruption brutale d'un événement dans l'ordre quotidien, si elle est inattendue, ne relève pas du suspense ; celui-ci est fondé sur la probabilité de la solution plus ou moins prochaine d'une situation ambiguë. Il va jouer sur la durée et peut être tragique ; il joue aussi sur la peur : le fil qui retient l'épée au-des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/suspense-cinema/#i_15492

TIOMKIN DIMITRI (1894-1979)

  • Écrit par 
  • Juliette GARRIGUES
  •  • 1 506 mots

L'Américain d'origine ukrainienne Dimitri Tiomkin fut, durant plus de trois décennies, l'un des plus prolifiques et des plus populaires compositeurs de musique de film de Hollywood, aux côtés d'autres Européens émigrés, au premier rang desquels les Autrichiens Erich Wolfgang Korngold et Max Steiner, le Hongrois Miklós Rózsa, l'Allemand Franz Waxman. Certains des thèmes qu'il a composés sont dans t […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dimitri-tiomkin/#i_15492

WAXMAN FRANZ (1906-1967)

  • Écrit par 
  • Juliette GARRIGUES
  •  • 1 229 mots

Compositeur audacieux, Franz Waxman, Américain d'origine allemande, a ouvert la voie à une nouvelle manière de penser la musique pour le cinéma. Avec lui, celle-ci acquiert une autre fonction : elle fait plus qu'illustrer ou souligner ce que montre l'image, arrivant souvent de façon très inattendue et non pas « calée » d'une manière prévisible. Cette démarche, inaugurée dès les année 1940, s'inscr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/franz-waxman/#i_15492

Pour citer l’article

Jean COLLET, « HITCHCOCK ALFRED - (1899-1980) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/alfred-hitchcock/