MUSSET ALFRED DE (1810-1857)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'enfant du siècle

Né à Paris, d'une famille aisée, introduit à moins de dix-huit ans, après d'excellentes études, dans le cénacle de la jeune école littéraire, accueilli par Lamartine, par Hugo, par Nodier, bientôt lié d'amitié avec Vigny, Sainte-Beuve et Mérimée, Musset fait, dans la poésie et dans le monde, les débuts les plus brillants et les plus faciles. Tout lui sourit. Il n'a pas vingt ans quand on publie ses premiers vers. Ses parents lui donnent les moyens de mener le train de vie d'un dandy, ses amis admirent son esprit, son élégance et ses espiègleries, les femmes ne restent pas insensibles à sa silhouette svelte et à ses beaux cheveux blonds. Tel l'a représenté, déguisé en page, une gravure célèbre d'Achille Devéria ; il gardera toujours, dans sa personne et dans son œuvre, quelque chose de cet adolescent désinvolte et charmant, volontiers cynique à la manière d'un libertin du xviiie siècle, Faublas ou Casanova, avide de plaire, d'aimer et d'être aimé, confiant en ses dons, mais sensible au moindre revers, et si fragile, au moral comme au physique : un adolescent perpétuel, qui ne parviendra jamais à assumer sa condition d'homme.

À cette image véridique s'en superposeront par la suite plusieurs autres, très différentes, mais qui n'effaceront pas la première. Dans ses poèmes, ses essais, ses contes, ses pièces de théâtre, aussitôt publiés qu'improvisés, Musset semble prendre plaisir à brouiller les pistes, prompt à brûler ce qu'il vient à peine d'adorer, accablant de railleries, comme dans les Lettres de Dupuis et Cotonet (1836-1837), ses camarades romantiques et le romantisme tout entier, adoptant tour à tour, à visage découvert ou sous le masque de ses personnages, le ton et les attitudes d'un libertin et ceux d'un amant pathétique, accablé de souffrance et hanté par la mort. Si prompt à passer d'une apparence à l'autre qu'on s'essoufflerait à chercher une évolution ou un progrès décisifs. Il faut bien se convaincre que sa [...]


Médias de l’article

Alfred de Musset

Alfred de Musset
Crédits : DeAgostini/ Getty Images

photographie

George Sand

George Sand
Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

photographie



1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages




Écrit par :

  • : inspecteur général honoraire de l'Instruction publique, ancien élève de l'École normale supérieure

Classification


Autres références

«  MUSSET ALFRED DE (1810-1857)  » est également traité dans :

LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, Alfred de Musset - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Guy BELZANE
  •  • 918 mots
  •  • 1 média

C'est en février 1836, au lendemain de sa rupture avec George Sand, qu'Alfred de Musset (1810-1857) publie La Confession d'un enfant du siècle chez Félix Bonnaire. Écrit principalement à la première personne mais mettant en scène des personnages fictifs, ce roman autobiographique est su […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-confession-d-un-enfant-du-siecle/#i_8884

LORENZACCIO, Alfred de Musset - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Didier MÉREUZE
  •  • 1 112 mots
  •  • 1 média

Qui ne connaît Lorenzaccio  ? Qui n'en a une représentation, ne serait-ce qu'à travers l'image de Gérard Philipe ? Pourtant, ce « classique » du romantisme français aura été pendant près de deux tiers de siècle ignoré puis, pendant un demi-siècle encore, massacré. Alfred de Musset (1810-1857) l'a écrit en 1834, à 24 ans – un an après la création de Lucrèce Borgia , de Victor Hugo . Jeune lion de l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lorenzaccio/#i_8884

ROMANTISME

  • Écrit par 
  • Henri PEYRE, 
  • Henri ZERNER
  •  • 22 144 mots
  •  • 18 médias

Dans le chapitre « Descente aux enfers et élan vers l'empyrée »  : […] Presque tout ce qui avait précédé l'immense marée romantique paraît étriqué et timide en comparaison. La Renaissance elle-même n'avait pas connu le même élan philosophique et de semblables échafaudages de systèmes. Même avec Cellini et Michel-Ange, Rabelais ou Marlowe, elle ne s'était pas de la même manière précipitée vers les abîmes intérieurs de l'homme et dans les repaires de l'inconscient ou d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/romantisme/#i_8884

DRAME - Drame romantique

  • Écrit par 
  • Anne UBERSFELD
  •  • 4 631 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Vigny, Musset »  : […] Après Le More de Venise qui avait eu un succès d'estime, un Shylock qu'il ne réussit pas à faire monter et un drame raté, La Maréchale d'Ancre (1831), Alfred de Vigny revient au théâtre par et pour l'amour de Marie Dorval : il écrit Chatterton (1835), drame de l'artiste contraint au suicide par le divorce de l'art et de la société moderne mercantile, drame d'idées aussi, animé par la figure in […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/drame-drame-romantique/#i_8884

PROVERBE DRAMATIQUE

  • Écrit par 
  • Hélène LACAS
  •  • 869 mots

Plutôt qu'un genre littéraire, le proverbe est, à l'origine, un divertissement de salon dont la naissance a été favorisée par la brillante vie mondaine de la fin du règne de Louis XIII. C'est « une scène en plusieurs scènes qu'on écrivait ou que souvent on improvisait entre soi sur un simple canevas et qui renfermait un petit secret [...]. Le secret était le mot même du proverbe (par exemple : Sel […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/proverbe-dramatique/#i_8884

THÉÂTRE OCCIDENTAL - La théâtralité

  • Écrit par 
  • Henri GOUHIER
  •  • 4 012 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Théâtre et représentation »  : […] Première conséquence : la représentation est inscrite dans l'essence de l'œuvre théâtrale ; celle-ci n'existe réellement qu'au moment et dans le lieu où s'accomplit la métamorphose. La représentation n'est donc pas un supplément dont à la rigueur on pourrait se passer ; elle est une fin aux deux sens du mot : l'œuvre est faite pour être représentée ; là est sa finalité  ; du même coup, la représen […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/theatre-occidental-la-theatralite/#i_8884

THÉÂTRE OCCIDENTAL - Histoire

  • Écrit par 
  • Robert PIGNARRE
  •  • 8 346 mots

Dans le chapitre « Du siècle des Lumières à l'ère industrielle »  : […] Dans toute l'Europe, le théâtre compte désormais parmi les lieux d'élection où se célèbrent les rites de l'esprit de société. Néanmoins, en ce temps où le mouvement des idées commande l'évolution conjuguée des mœurs et des formes littéraires, la création dramatique reste en retrait par rapport, en particulier, à l'essor du roman. En France, le fait caractéristique est la décomposition de la tragéd […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/theatre-occidental-histoire/#i_8884

Pour citer l’article

Jean THOMAS, « MUSSET ALFRED DE - (1810-1857) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/alfred-de-musset/