SCHILLING ALFONS (1934-2013)

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L’expérience du temps et du mouvement

À la fin des années 1950, inspiré par la dynamique de l’expressionnisme abstrait de la New York School, Alfons Schilling commence, avec Günter Brus, à projeter violemment de la peinture sur de grands papiers fixés au mur.

Animé par le désir d’intégrer l’expérience du mouvement à l’œuvre, Alfons Schilling met au point une installation rotative qui permet d’exécuter des peintures sur une plaque tournante d’environ deux mètres de diamètre atteignant jusqu’à 160 tours par minute. Elle est au cœur du film Cosmos Action Painting / Desperate Motion (1962) réalisé par son frère, Niklaus Schilling, qui se montre particulièrement enthousiaste devant cet appareil. Supposée transmettre le concept du mouvement et du temps dans l’espace et à travers son travail sur la relation entre le regard et l’image, l’œuvre permet de faire une expérience éphémère singulière et perd de sa valeur objectale.

En 1966, Schilling réalise un film documentaire sur une série de performances, Evenings : Theatre and Engineering, mise en œuvre par des artistes en collaboration avec des ingénieurs des Bell Telephone Laboratories.

Il découvre l’image en relief (holographie, stéréoscopie, photographies lenticulaires) et commence l’exploration des phénomènes optiques à travers l’installation, la photographie et la peinture. L’œil et le corps du spectateur deviennent le point de mire de ses préoccupations ; afin d’être perçues, ses images nécessitent une vision dynamique obtenue par le déplacement du spectateur, ce qui le rapproche des explorations conduites par les tenants de l’art optique et cinétique.

Alfons Schilling poursuit ses recherches avec des dispositifs optiques tels que les vectographs, qui permettent de réaliser des images en relief stéréoscopique (Island dreidimensional auf den Broadway projiziert, 1972) et des sténopés (Jenseits des menschlichen Auges, Mexico, 1981), dans lesquels la forme du trou (sténopé) se répercute sur l’image. Il s’intéresse également à l’imagerie lenticulaire obtenue par la compression op [...]

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Écrit par :

  • : docteure en histoire de l'art, conférencière au Centre Georges-Pompidou, enseignante à l'université de Paris-Est-Marne-la-Vallée et à l'École supérieure des arts appliqués Duperré

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ACTIONNISME VIENNOIS

  • Écrit par 
  • Matthias SCHÄFER
  •  • 2 244 mots

Dans le chapitre « Porter la peinture dans la troisième dimension »  : […] Dès 1960, Günter Brus et Alfons Schilling abandonnent toute forme d'académisme dans leur art pour se consacrer à la « peinture d'action ». Ils posent la toile ou le papier sur le sol ou sur des murs et y appliquent, en plus de la peinture, des substances et objets divers qu'ils collent, cousent ou nouent. Ensuite, ils attaquent l'œuvre au couteau ou avec un fouet. Avec la disparition du chevalet, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/actionnisme-viennois/#i_28855

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Pour citer l’article

Christina TSCHECH, « SCHILLING ALFONS - (1934-2013) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/alfons-schilling/