PAPADIAMANDIS ALEXANDRE (1851-1911)

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Le poète de la prose

Deux cents nouvelles environ constituent son apport principal. Atmosphère insulaire, folklore, personnages simples et pieux, manque de grands conflits dramatiques les caractérisent : les « pures mœurs grecques », ainsi que les convictions religieuses de l'auteur, s'opposent à l'agressivité. Reportages et souvenirs de la vie de Skiathos plutôt que nouvelles au sens strict du terme, ces récits ne doivent leur charme qu'à la poésie qui les parcourt.

Comment ne pas lier cette poésie à l'état d'âme d'un auteur inadapté ? À l'écart des problèmes de sa génération, aliéné et frustré par la vie dure de la capitale, Papadiamandis n'avait d'autre issue que le retour imaginaire, par la création littéraire, à son île, voire à son enfance. Ses pages dégagent la nostalgie comme un parfum, sa langue originale (mélange de purisme, d'éléments ecclésiastiques et populaires) baigne souvent dans un lyrisme diffus. Certes, Papadiamandis n'en sacrifiait pas moins à la mode de son époque, au folklore dominant. Mais était-il vraiment naïf ? Il est certain que, désarmé devant les problèmes vitaux de son temps, il ne pouvait y opposer que sa piété. Cependant il a posé dans son œuvre deux problèmes sociaux non négligeables : celui des vieilles filles et celui de l'émigration. Peut-être les critiques qui, autour des années 1890, le comparaient à Dickens et Poe exagéraient-ils. Mais les abysses de l'âme humaine ne lui étaient pas inconnus. Choisit-il au hasard, en 1889, lorsqu'il traduisit en grec Crime et Châtiment de Dostoïevski ? Son chef-d'œuvre, L'Infanticide (1903), histoire d'une femme qui, par un mysticisme corrompu, se livre à une série d'infanticides, prouve que l'ascète de Skiathos, malgré les apparences, ne manquait pas d'un sens démoniaque et tragique.

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Écrit par :

  • : professeur de littérature néo-hellénique à l'université de Salonique

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  • Écrit par 
  • Christophe CHICLET, 
  • André MIRAMBEL, 
  • Panayotis MOULLAS
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Dans le chapitre « Vulgaristes et puristes »  : […] Les difficultés ne manquaient pas, dues en partie à une vive réaction des tenants de l'archaïsme. Mais, en 1888, Mon voyage , de Jean Psichari (1854-1929), constitue une étape essentielle du mouvement vulgariste. La génération de 1880 avait trouvé son chef de file, qui, par sa formation scientifique aussi bien que par son tempérament, était le plus apte à diriger convenablement la lutte pour la l […] Lire la suite

Pour citer l’article

Panayotis MOULLAS, « PAPADIAMANDIS ALEXANDRE - (1851-1911) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/alexandre-papadiamandis/