SOBOUL ALBERT (1914-1982)

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Militant et historien

Après avoir participé aux luttes politiques de 1936 à 1938, il se joignit aux intellectuels de son parti qui commémoraient le cent cinquantenaire de la Révolution : après un Saint-Just paru en 1937, il publia 1789, l'An I de la liberté, en 1939. Mobilisé dans l'artillerie, il subit l'humiliation de la défaite. Redevenu professeur à Montpellier, il organisa, le 14 juillet 1942, une manifestation patriotique et y participa. Arrêté puis relâché, il fut révoqué par le gouvernement de Vichy. Commença alors pour lui le combat de l'ombre.

Dans les années d'après guerre, sa fidélité au parti lui valut des attaques. L'historien n'était-il pas aveuglé par le partisan ? Ne travestissait-il pas la Révolution française sous les oripeaux d'un marxisme dogmatique ? N'était-elle pas d'un stalinien cette histoire de la Révolution qu'il écrivait et où la dictature terroriste était présentée comme nécessaire et respectable ? N'y avait-il pas en lui un agent de la subversion lorsqu'il donnait le communisme comme héritier du jacobinisme ? On peut, il est vrai, utiliser certains de ses écrits pour faire de lui « un homme crispé sur ses certitudes, convaincu jusqu'à l'intolérance ». Procéder ainsi, c'est ne pas voir la complexité de cet homme. En lui cohabitaient, non sans mal, le militant et l'historien, l'un comme l'autre plein de déchirures. Sa thèse, Les sans-culottes parisiens en l'an II. Mouvement populaire et gouvernement révolutionnaire. 2 juin 1793-9 thermidor an II (1958), en témoigne, comme elle fournit la preuve de sa probité intellectuelle.

Dans la lignée de Jules Michelet, de Jean Jaurès et d'Albert Mathiez, ce disciple de Georges Lefebvre voulut rechercher la parole de la Révolution non dans les assemblées, mais au milieu des masses populaires et plus précisément des sans-culottes parisiens de l'an II. Dans le contexte des années 1950, l'image d'un peuple parisien, peuple de bras-nus, déjà des prolétaires, présentée par le trotskiste Daniel Guérin, séduisait encore des communistes « orthodoxes ». Ceux-ci regardaient aussi comme vérité historique l'alliance indissoluble des jacobins et des sans-culottes. Soboul montra la fausseté de telles interprétations.

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Écrit par :

  • : professeur d'histoire moderne à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, agrégé de l'Université, docteur ès lettres

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RÉVOLUTION FRANÇAISE

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  • Jean-Clément MARTIN, 
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Dans le chapitre « Un dynamisme éclaté, des orientations discordantes »  : […] L'école dirigée par Albert Soboul, qui affirmait que l'étude de l'histoire de la Révolution française devait être une spécialité en soi, dont le cœur battait au rythme de l'histoire quantitative fondée sur l'économie et le social, qui était établie sur l'étude des rapports de forces entre classes bien définies et qui considérait l'événement « […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/revolution-francaise/#i_98027

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Pour citer l’article

Jean-Paul BERTAUD, « SOBOUL ALBERT - (1914-1982) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/albert-soboul/