MOCKEL ALBERT (1866-1945)

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Poète belge d'expression française, Albert Mockel est originaire de Liège, et il y fonde une importante revue poétique, La Wallonie (qu'Henri de Régnier dirigera par la suite) alors qu'il est encore étudiant à l'université (1886) ; presque tous les poètes subissant l'influence du symbolisme lui donneront des textes pour sa revue. Venu à Paris dès 1889, il fréquente les Mardis de Mallarmé et utilise un des premiers le vers libre. Mockel recherche les effets musicaux d'une poétique (largement tributaire de René Ghil) qui doit être une aventure spirituelle. Son premier recueil, Chantefable un peu naïve (1891), associe à un symbolisme strict l'amour de la poésie médiévale, de ses formes et de son rythme : le titre même indique clairement cette double orientation du jeune poète. Il mène parallèlement une activité de critique avec Propos de littérature (1895) ou avec Stéphane Mallarmé, un héros (1899). Il y affirme une totale adhésion au symbolisme : jamais il ne la remettra en cause, même après que l'école se sera dispersée au gré de nouvelles modes. Et c'est sans doute cette obédience qui compromet l'originalité d'un projet constamment soumis à des préoccupations formelles. Les Clartés (1902) correspondent déjà au goût un peu vieilli du clair-obscur dont la plupart des symbolistes belges se sont fait une spécialité. Mockel publie une étude sur son compatriote Verhaeren, Émile Verhaeren, un poète de l'énergie (1918), dans laquelle il souligne justement l'indépendance d'esprit qui distingue le grand poète. Un nouveau recueil, le plus important, La Flamme immortelle (1924), est une sorte de drame lyrique, en forme de dialogues, où l'amour est le thème unique. Mais cette nouvelle sincérité n'est pas sans affectation, certaines images sont obscures, comme si le souci musical restait avant tout le caractère principal de cette œuvre.

—  Antoine COMPAGNON

Écrit par :

  • : docteur ès lettres, professeur à l'université Columbia, États-Unis

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BELGIQUE - Lettres françaises

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Dans le chapitre « Albert Mockel »  : […] Avec Mockel (1866-1945) apparaît Liège, et avec Liège l'Ardenne, les bois, la sensibilité musicale du Wallon. Wallonie est le nom qu'il donna à une revue où collaborèrent tous les symbolistes de Paris et qui est devenu aujourd'hui celui de la Belgique francophone. Lui-même, Rhénan aéré par l'Ardenne et tenté par le Midi, se situe à une limite très délicate, et c'est sans doute cette délicatesse q […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/belgique-lettres-francaises/#i_6413

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Pour citer l’article

Antoine COMPAGNON, « MOCKEL ALBERT - (1866-1945) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/albert-mockel/