AJAṆṬĀ

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Description et historique

Numérotées à partir de l'est par les archéologues, les cavernes s'alignent au flanc de la gorge et s'y déploient en éventail. On distingue des sanctuaires [caitya] (nos 9, 10, 19, 26 et 29) et des salles de réunion (vihāra). Les premiers ont un plan absidal ; leur nef, voûtée en berceau, est portée par les piliers qui la séparent des bas-côtés. Au fond du vaisseau – et en avant du déambulatoire – se dresse un petit stūpa monolithe. Les secondes, carrées, sont précédées d'une véranda hypostyle et comportent des cellules, voire des chapelles pour les plus récentes.

Les hypogées anciens (nos 10, 12, 8, 9 et 13, suivant une chronologie approximative) furent fondés par une communauté hīnayāniste fixée à Ajaṇṭā au début du iie siècle avant J.-C. Ils illustrent un style qui se développa sous la dynastie des Çatavāhana, dont la capitale était alors Paithan (région de la haute Godāvarī). Le décor sculpté, aniconique, s'inspirait de très près de l'architecture de bois, la seule qui existât à l'époque et dont il ne reste plus trace : grande baie en forme de fer à cheval s'ouvrant sur la façade des sanctuaires ; petites arcatures de même type, mais aveugles, et balcons figurés tant à l'extérieur qu'à l'intérieur des monastères, au-dessus des entrées des cellules et placées en manière de frise. Le bois lui-même était utilisé pour renforcer symboliquement les structures ménagées dans la roche (poutres cintrées garnissant l'intrados des voûtes, écrans fermant les baies d'éclairage). Des fragments de peinture – les plus anciens que nous connaissions en terre indienne – demeurent lisibles sur les parois des cavernes nos 9 et 10.

Les travaux s'interrompirent au ier siècle avant notre ère. Beaucoup plus tard, sous les Vākāṭaka alliés à la dynastie Gupta, ils reprirent de part et d'autre du noyau primitif, conduits par des adeptes du Mahāyāna. Faute d'inscriptions datées, la chronologie des grottes mahāyāniques reste matière à controverse, l'opinion qui prévalut longtemps étant que leur réalisation commença après 450, culmina peut-être au temps du roi Hariṣeṇa [...]


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Écrit par :

  • : chargée de recherche au CNRS, chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet

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Pour citer l’article

Rita RÉGNIER, « AJAṆṬĀ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ajanta/