BALAFREJ AHMED (1908-1990)

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Né à Rabat, fils de notable, Ahmed Balafrej, après des études secondaires à Rabat, puis supérieures au Caire et à Paris (licence ès lettres, diplôme de sciences politiques), milite très tôt dans des mouvements nationalistes. Dès 1926, il crée la Société des amis de la vérité à Rabat, qui se fond l'année suivante avec une association nationaliste présidée par Allal el-Fassi, puis, à Paris, il crée et préside l'Association des étudiants musulmans d'Afrique du Nord. Il prend contact avec les milieux socialistes français et fonde avec un avocat socialiste, R. Longuet, la revue nationaliste Maghreb ; il s'intéresse également au panarabisme et rencontre l'émir Arslan à Genève. En 1930, il est l'un des instigateurs des manifestations contre le dahir berbère. Il participe ensuite au Comité national pour la réalisation du plan de réforme et présente, en 1937, un mémoire sur la politique française au Maroc. Après les incidents d'octobre 1937, il doit se réfugier à Tanger, et ne sera autorisé à rentrer dans son pays qu'après le débarquement allié (1943). Il est l'un des fondateurs, en 1943, du parti de l'Istiqlāl (« indépendance »), et lance le Manifeste du parti, le 11 janvier 1944. Quelques jours après, il est arrêté et envoyé en résidence surveillée en France, ce qui provoque de sanglantes manifestations.

Amnistié en 1946 par Erik Labonne, il quitte à nouveau le Maroc après le discours de Tanger prononcé par le sultan le 10 avril 1947. Secrétaire général de l'Istiqlāl, il réorganise le parti en août 1951. Durant les années précédant l'indépendance du Maroc, il voyage à l'étranger pour défendre la cause marocaine (New York, Stockholm, Le Caire, Madrid).

Après l'indépendance, il dispute à Allal el-Fassi, comme lui membre de l'aristocratie citadine marocaine, le poste de président de l'Istiqlāl, mais se retrouve avec lui dans la tendance traditionaliste lorsque le parti se coupe en deux, en 1959, l'aile gauche fondant l'Union nationale des forces populaires, avec Bouabid et Ben Barka.

Dans les deux premiers gouvernements marocains après l'indépendance, Ahmed Balafrej occupe le poste de ministre des Affaires étrangères (d'avril 1955 à mai 1958), et c'est lui qui prononce le discours d'entrée de son pays à l'O.N.U. Il donne de l'éclat à la diplomatie marocaine et doit être compté comme l'un des promoteurs de la conférence des États africains indépendants d'Accra. Le 12 mai 1958, il est nommé président du Conseil et le reste jusqu'en décembre de la même année. Il est absent de la vie politique de 1959 à 1961. En mars 1961, il est nommé ministre, représentant personnel du roi Hassan II, poste qu'il cumule avec celui de ministre des Affaires étrangères du 21 décembre 1961 au mois de novembre 1963. Il reste ministre représentant personnel du roi jusqu'en 1972 et fait bénéficier de son expérience diplomatique et de ses relations étendues dans le monde arabe le roi du Maroc. Celui-ci le charge de missions à l'étranger où il rencontre les présidents de Gaulle, Nasser, Tito, Kennedy, et participe à de nombreuses conférences internationales.

Ce fidèle soutien du trône est remplacé à son poste de ministre, en juin 1972, par le frère du roi, lorsqu'on apprend que son fils Anis, brillant étudiant, est accusé de maoïsme et arrêté.

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Dans le chapitre « Renouveau du nationalisme »  : […] Ce mouvement nationaliste urbain, influencé aussi par les doctrines réformistes et panarabes qui agitaient l'Islam, prit forme en 1930. Le premier parti politique marocain, sous le nom de Comité d'action marocaine, animé par Allal el- Fassi , Ouazzani et Balafrej, élabora un « plan de réformes » qui, sans remettre en cause le principe du protectorat, s'en prit à ses déviations et à l'administrati […] Lire la suite

Pour citer l’article

Françoise MEUSY, « BALAFREJ AHMED - (1908-1990) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ahmed-balafrej/