AGRICULTURE URBAINE

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Principaux fondements de la diversité des agricultures urbaines

On peut classer les agricultures urbaines selon différents critères (techniques, sociaux, économiques, environnementaux…) susceptibles d’ailleurs de se recouvrir.

Les techniques de production

Même s’il s’agit de produire le plus possible sur des superficies limitées, bien des agricultures urbaines dans le monde reposent encore sur des techniques traditionnelles de maraîchage, avec souvent un recours à l’irrigation, ou sur des cultures de légumes de plein champ, le plus souvent non irriguées, conduites de façon également classique. Elles intègrent toutefois de plus en plus souvent les pratiques culturales de l’agriculture « raisonnée » – qui réduit les apports d’intrants – ou de l’agriculture biologique – qui en exclut l’usage. À ces modes de production dits « low-tech » – reposant sur des savoir-faire traditionnels – s’opposent désormais des techniques « high-tech » – mobilisant des technologies de pointe –, de plus en plus sophistiquées et qui utilisent très peu d’espace (serres urbaines implantées en ville, voire intégrées dans des bâtis urbains, sur les toits d’immeuble par exemple). Conduites en milieux clos et en atmosphère contrôlée, ces agricultures font appel à l’hydroponie – les plantes, cultivées sur des milieux inertes et non plus des sols, sont nourries par l’apport de solutions nutritives –, à l’aquaponie – qui associe cultures et pisciculture, les déjections des poissons apportant les nutriments nécessaires aux plantes –, voire à l’aéroponie – les plantes étant en partie nourries par la vaporisation de brouillards de solutions nutritives.

Cultures hydroponiques

Photographie : Cultures hydroponiques

Méthode largement utilisée dans les cultures sous serres, l'hydroponie consiste à faire circuler au niveau des racines des plantes (ici, des salades de la ferme Wing Lam à Hong Kong) un liquide nutritif. Celui-ci, en se substituant aux apports d'un sol, fournit tous les nutriments... 

Crédits : Jonathan Wong/ South China Morning Post/ Getty Images

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Les implications sociales

Dans le domaine social, les agricultures urbaines ont pour objectif d’établir ou de recréer des relations entre citadins et agriculteurs, sous des formes très diverses. Dans les espaces délaissés dans et autour de bien des villes, il n’est pas rare que des jardins illégaux aient été installés comme autour de Barcelone en Espagne ou de Meknès au Maroc. Toutefois, dans la grande majorité des cas, il s’agit d’installations tout à fait légales qui peuvent être le fait de « néopaysans » urbains comme d’agriculteurs issus de familles paysannes. Ces exploitations couvrent selon les cas des superficies plus ou moins importantes et les liens qu’elles créent peuvent s’étendre jusque dans des domaines ludiques ou éducatifs (fermes pédagogiques, par exemple). Les agricultures urbaines peuvent aussi comporter des objectifs de réinsertion sociale. C’est le cas de la ferme « Le paysan urbain » à Romainville, en région parisienne (Seine-Saint-Denis), ou de structures similaires dans des villes nord-américaines comme Detroit.

Des enjeux économiques

Sur le plan économique, les agricultures urbaines impliquent des formes de commercialisation originales et des investissements importants en travail et souvent en capital. Ces derniers peuvent être de type conventionnel ou de type start-up – faisant appel à du capital-risque extérieur au monde agricole. Localement, des apports de financement relevant de l’économie sociale ou solidaire jouent également un rôle majeur. Les pouvoirs publics peuvent aussi intervenir pour favoriser le développement de la fonction nourricière de la ville. Les filières de commercialisation retenues – qui peuvent d’ailleurs se combiner pour une même exploitation – vont de la vente directe sur le site de l’exploitation aux circuits de commercialisation privés ou associatifs comme les AMAP (associations pour le maintien de l’agriculture paysanne). On assiste par ailleurs à une pénétration de la grande distribution dans le domaine des circuits courts, comme le montrent les magasins O’tera qui se sont d’abord développés dans le nord de la France.

Produits agricoles et circuits courts

Tableau : Produits agricoles et circuits courts

Les exploitants agricoles ont intérêt à utiliser des circuits courts pour mieux valoriser leurs productions. Ce mode de commercialisation consiste à les vendre directement aux consommateurs ou en passant par un seul intermédiaire. Le dynamisme des circuits courts s'exprime par leur très... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Les implications territoriales et environnementales

Un point commun aux agricultures urbaines est de se prêter à la création de paysages « comestibles » et esthétiques susceptibles de faire localement l’objet d’une patrimonialisation, voire de devenir emblématiques de territoires particuliers – ainsi celui des murs à pêches de Montreuil dans la région parisienne. La signature de « chartes paysagères » comme celle portant sur la plaine de Versailles en constitue une illustration sur des superficies plus étendues. Au-delà de la production et de l’entretien de biens matériels, les agriculture [...]

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Jardins potagers sur les toits à Boston (États-Unis)

Jardins potagers sur les toits à Boston (États-Unis)
Crédits : Brian Crawford/ Flickr ; CC-BY 2.0

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Cueillette à la ferme

Cueillette à la ferme
Crédits : Les Fermes de Gally

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Cultures hydroponiques

Cultures hydroponiques
Crédits : Jonathan Wong/ South China Morning Post/ Getty Images

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Produits agricoles et circuits courts

Produits agricoles et circuits courts
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, membre de l'Académie d'agriculture de France
  • : membre de l'Académie d'agriculture de France

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ESPACE RURAL

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  • Jean-Paul CHARVET
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Pour citer l’article

Jean-Paul CHARVET, Xavier LAUREAU, « AGRICULTURE URBAINE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/agriculture-urbaine/