AGRICULTURE URBAINE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les moteurs du retour des agricultures urbaines

La renaissance des agricultures urbaines répond à de nouvelles demandes citadines. Celles-ci ne portent pas seulement sur des denrées alimentaires particulières, tels les produits dits biologiques ou « bio », mais aussi sur un large éventail de services. Les aménageurs des espaces urbanisés se trouvent ainsi amenés à prendre de plus en plus en considération ces diverses aspirations et, donc, à intégrer à l’intérieur des aires urbaines des zones d’activités agricoles.

De nouvelles demandes citadines

Le modèle alimentaire français, que l’on retrouve avec des nuances plus ou moins sensibles dans la plupart des pays industrialisés, a été globalement marqué par un ensemble d’évolutions comparables depuis les années 1990. Les principales sont liées au développement de certains comportements alimentaires : le flexitarisme, qui se traduit par une réduction volontaire de la consommation de viande rouge, et le végétarisme, qui exclut toute chair animale ; la consommation de produits issus de l’agriculture biologique ; le locavorisme, privilégiant l’achat de produits cultivés localement.

En France, en 2008, plus des deux tiers des habitants se disaient prêts à payer plus cher les produits obtenus sur le territoire national même si l’on a pu avancer que ce n’était pas le cas pour les catégories les plus défavorisées de la population. Toutes ces tendances sont ainsi apparues plus marquées dans les aires métropolitaines où les populations disposent majoritairement de revenus plus élevés. Une étude, réalisée en 2017 et portant sur la consommation alimentaire des populations résidant en Île-de-France, a montré que les fruits et légumes occupaient de plus en plus de place dans leurs comportements alimentaires.

Parallèlement, les demandes citadines adressées à l’agriculture ne portent plus seulement, comme jadis, sur des denrées alimentaires. Elles se sont très largement diversifiées et désormais étendues à des domaines très variés, reliés plus ou moins directement à la notion de développement durable : entretien et gestion de l’environnement ; participation active à l’animation de la vie économique et sociale des territoires agricoles et ruraux périurbains ; accueil à la ferme et éducation des enfants aux cycles de la nature ; mise en valeur de paysages localement patrimonialisés…

Jusque dans les années 1990, on a souvent pensé que ces nouvelles demandes toujours plus élargies n’exprimaient que des effets de mode. Mais le succès de la signature, en 2015, du Pacte de politique alimentaire urbaine de Milan par les représentants de plus d’une centaine de métropoles à travers le monde a montré que ce n’était pas le cas. Dans ce pacte, il est précisé, entre autres, que les villes ont un rôle crucial à jouer dans la promotion de systèmes alimentaires sains et durables, dans le développement des relations entre citadins et ruraux ainsi que dans la protection de l’environnement et de la biodiversité.

De plus en plus de métropoles, situées sur tous les continents – et plus particulièrement en Europe occidentale –, s’engagent désormais dans une reprise en main de leur gouvernance alimentaire au travers du développement de systèmes alimentaires locaux. Elles y sont poussées par des citadins qui, toujours plus nombreux, réclament des « villes plus vertes », « durables », voire « fertiles » ou « nourricières ». Ces urbains manifestent également, au travers de leurs associations, le souhait de voir se développer des « îlots de fraîcheur » à l’intérieur des villes – la végétation permettant de réguler la température en absorbant d’une part une partie du rayonnement solaire et en dissipant d’autre part la chaleur par évapotranspiration. Ils se prononcent par ailleurs pour une alimentation davantage fondée sur des circuits courts, localement territorialisés, et en faveur de formes d’agricultures « alternatives », à l’opposé des modèles productivistes.

Un nouvel outil d’aménagement des espaces urbanisés

De nouvelles approches d’aménagement urbain sont à mettre en relation avec la nécessité de juguler la congestion des grandes métropoles, d’y améliorer la qualité de l’air, de réduire les îlots de chaleur… Les démarches de développement durable présentent l’intérêt, [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 10 pages

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Médias

Jardins potagers sur les toits à Boston (États-Unis)

Jardins potagers sur les toits à Boston (États-Unis)
Crédits : Brian Crawford/ Flickr ; CC-BY 2.0

photographie

Cueillette à la ferme

Cueillette à la ferme
Crédits : Les Fermes de Gally

photographie

Cultures hydroponiques

Cultures hydroponiques
Crédits : Jonathan Wong/ South China Morning Post/ Getty Images

photographie

Produits agricoles et circuits courts

Produits agricoles et circuits courts
Crédits : Encyclopædia Universalis France

tableau

Afficher les 8 médias de l'article

Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, membre de l'Académie d'agriculture de France
  • : membre de l'Académie d'agriculture de France

Classification

Autres références

«  AGRICULTURE URBAINE  » est également traité dans :

ESPACE RURAL

  • Écrit par 
  • Jean-Paul CHARVET
  •  • 7 324 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Caractéristiques communes aux espaces ruraux »  : […] À l’échelle de la planète, les populations rurales – donc 45 p. 100 de la population mondiale – occupent plus de 85 p. 100 de l’écoumène, qui désigne les espaces habités. La juxtaposition de ces deux pourcentages souligne que les densités de population sont, sauf exception, bien moindres dans les espaces ruraux que dans les espaces urbanisés, et induit que, sur le plan de l’écologie, les milieux p […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

2-28 avril 1993 France. Présentation du programme de gouvernement d'Édouard Balladur

Le 14, le président Mitterrand émet des « réserves » concernant la communication du ministre de l'Intérieur Charles Pasqua sur la sécurité, en raison notamment de l'association faite par celui-ci entre la violence urbaine, la drogue, les immigrés clandestins et les « étrangers ». Le 15, lors de l'émission « 7 sur 7 » sur T.F.1, Édouard Balladur défend son ministre tout en rejetant les « débats d'apparence » avec le chef de l'État. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jean-Paul CHARVET, Xavier LAUREAU, « AGRICULTURE URBAINE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/agriculture-urbaine/