AGNOTOLOGIE

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Robert Neel Proctor

Robert Neel Proctor
Crédits : Robert N. Proctor

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L’instillation du doute sur les dangers du tabac

L’instillation du doute sur les dangers du tabac
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Multiples et diverses ignorances

Une telle entreprise pourrait sembler contradictoire en soi et condamnée dès le départ : comment donc espérer savoir ce que l’on ne sait pas ? La contradiction reste superficielle cependant, car il s’agit rarement d’identifier au présent ce que nous ne savons pas. Il reste en effet possible de se prononcer sur ce que nous ne savions pas ou encore sur ce que nos prédécesseurs ignoraient, sur ce que nous savons et que d’autres ignorent, sur ce qu’une communauté d’enquête souhaiterait connaître sans pour autant disposer de tous les éléments de réponse. On peut également revendiquer des zones de secret, c’est-à-dire une forme d’ignorance publique, qu’il s’agisse de protéger nos institutions contre des connaissances dangereuses – biomilitaires par exemple – ou de se protéger soi-même d’une connaissance détenue par un tiers (droit à l’oubli numérique, droit à l’ignorance génétique). Il y a donc bien des discours sur l’ignorance, des attributions voire des revendications d’ignorance qui méritent d’être étudiés en tant que tels.

Proctor, dans l’introduction d’Agnotology, distinguait trois grands types d’études :

– celles sur l'ignorance comme « ressource », c’est-à-dire ce que la science et le savoir doivent résorber. Il arrive parfois que l'on puisse préciser, dans un champ donné, ce que l'on ne sait pas, et de quelle manière on compte s'y prendre pour le connaître. Il s’agit là d’ignorance « profondément consciente », et on a pu voir en l’ignorance prise en ce sens le « moteur de la science », selon Stuart Firestein ;

– celles sur l'ignorance comme « terrain perdu », c’est-à-dire ce dont on s'est détourné (par exemple, les effets de l'alcool sur la reproduction, qui faisaient l'objet de travaux précis au début du xxe siècle et qui ont connu une éclipse durable). Dans ce sens, l'idée est que nos intérêts sont sélectifs, que tout programme de recherche se fait au détriment d'autres pans possibles de la science. Cette ignorance, induite, seconde, serait en quelq [...]


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Écrit par :

  • : maître de conférences, département de philosophie de l'École normale supérieure, Paris ; directeur du Centre d'archives en philosophie, histoire et édition des sciences, CNRS - École normale supérieure

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PROCTOR ROBERT N. (1954- )

  • Écrit par 
  • Mathias GIREL
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L'historien des sciences Robert N. Proctor est né en 1954 à Corpus Christi au Texas. Il est surtout connu en France pour son travail sur les liens entre science et industrie du tabac, ce qui ne constitue cependant qu’une partie de ses recherches . Proctor, en effet, appartient à cette lignée d’historiens des sciences américains qui se sont consacrés à décrypter les relations tissées entre scientif […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-n-proctor/#i_57269

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Pour citer l’article

Mathias GIREL, « AGNOTOLOGIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/agnotologie/