AFRIQUE (Structure et milieu)Géographie générale

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Géographie physique

La terre

La majeure partie de l'Afrique se compose d'un socle ancien, ou bouclier, d'origine précambrienne, à partir duquel se sont formés les reliefs actuels. Longtemps soudées à la masse africaine, la péninsule arabique et l'île de Madagascar s'en sont détachées lors de l'ouverture de la mer Rouge et du canal de Mozambique, résultat de la tectonique des plaques. Le bouclier africain a connu au cours du Précambrien une succession d'orogenèses et d'aplanissements qui ont abouti à la consolidation d'un immense craton vers 600 millions d'années. Formé de roches métamorphiques (gneiss, schistes cristallins, quartzites) et de massifs cristallins intrusifs (granites), il constitue un ensemble de faible plasticité qui, à partir du Permien, a réagi aux forces tectoniques par des cassures et par des mouvements verticaux à grand rayon de courbure dont l'entrecroisement a donné naissance à des bassins et à des môles. Les orogenèses calédonienne et hercynienne ne se manifestèrent que sur ses bordures (Mauritanides, chaînes du Cap). Le bouclier africain et les dépôts détritiques qui le recouvrent se composent de roches siliceuses : il en résulte que les sols africains sont majoritairement acides et d'une fertilité naturelle plutôt médiocre. La longue histoire géologique du bouclier (près de 4 milliards d'années) l'a, en revanche, doté de riches minéralisations.

Socles africains

Dessin : Socles africains

La structure du socle africain. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

Des transgressions marines au cours de l'ère primaire (du Cambrien au Carbonifère inférieur) ont laissé des dépôts de couverture (surtout grès et schistes). L'ère secondaire et l'ère tertiaire ont été principalement marquées par l'accumulation de dépôts détritiques continentaux où dominent les grès et les marnes : séries anciennes déposées entre le Permien et le Crétacé inférieur, comme le complexe du Karroo en Afrique australe ; séries plus récentes du continental terminal (entre le Crétacé et le Mio-Pliocène) en Afrique occidentale. Quelques séries marines (grès, marnes, calcaires) se sont déposées, du Crétacé à l'Éocène, dans le golfe sénégalo-mauritanien et le fossé de la Bénoué avec des prolongements jusqu'au Tchad. Contemporaine de l'ouverture des océans Atlantique et Indien, une sédimentation littorale ourle le bouclier, formant une étroite plaine côtière, avant de plonger sous l'océan. Son importance économique est aujourd'hui considérable : les hydrocarbures du golfe de Guinée se trouvent dans ces séries sédimentaires.

L'orogenèse tertiaire (alpine) n'a touché que quelques régions africaines, principalement le Maghreb, occupé jusque-là par une fosse marine. Le heurt entre plaques (ou fragments de plaques) européenne et africaine a abouti à la formation de la Méditerranée et à celle de chaînes vigoureusement plissées, composées de calcaires, de marnes, d'argiles et de grès, les plus importantes étant les chaînes de l'Atlas marocain : Moyen Atlas, Haut Atlas culminant au Djebel Toubkal à 4 167 mètres, Anti-Atlas dont les plis lourds passent à des formes tabulaires au contact du Sahara. En Algérie, l'Atlas tellien rappelle les montagnes méditerranéennes d'Europe : montagnes incisées par des vallées creusées par l'érosion fluviatile ; érosion anthropique due au déboisement (arrachements, coulées boueuses, bad-lands). Dans ces régions du Maghreb, l'orogenèse n'est pas achevée et cette zone demeure très instable, comme en témoignent la fréquence et l'intensité des séismes (zone de forte sismicité du nord de l'Algérie, destruction d'Agadir lors du tremblement de terre de 1960).

Dans le reste du continent, courbures et fractures rejouent, accentuant la disposition en môles et en cuvettes qui a guidé la formation des grands bassins hydrographiques du Niger, du lac Tchad, du Congo. Le soulèvement de la bordure occidentale du socle, entre le fond du golfe de Guinée et la Namibie, a formé un bourrelet montagneux, les monts du Mayombe, prolongés par les chaînons montagneux d'Angola (2 620 m au Morro de Môco). Ces reliefs escarpés dressent une barrière que les fleuves coupés de rapides et de chutes franchissent difficilement. Cela a contribué à fermer l'Afrique aux Européens pendant quatre siècles : l'embouchure du Congo a été découverte en 1482 par le navigateur portugais Diogo Cao, mais son expédition fut contrainte de s'arrêter à Matadi, à hauteur des premiers rapides. C'est seulement à la fin des années 1870 que le Britannique Henry Stanley réussit à explorer la totalité du cours du fleuve.

Afrique : géomorphologie

Dessin : Afrique : géomorphologie

Les grands traits de la géomorphologie africaine. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

À l'est, le soulèvement du socle s'est accompagné de puissantes fractures et d'épanchements volcaniques. La grande cassure des Rift, en prolongement des fossés de la mer Rouge et de la mer Morte, amorce la dérive de la Corne de l'Afrique qui s'éloigne lentement du reste du continent. Elle se divise au sud de l'Éthiopie en deux branches. Le Rift occidental comprend une succession de fossés occupés par les Grands Lacs : lacs Albert, Édouard, Kivu, Tanganyika, ce dernier long de 700 kilomètres. La branche orientale se compose principalement de la Rift Valley au Kenya, dans le prolongement du lac Turkana (ex-Rodolphe). Entre les deux, le lac Victoria forme une véritable mer intérieure à 1 133 mètres d'altitude. La formation de graben s'est doublée de la montée de horsts dont le plus puissant, le Ruwenzori, à la frontière Congo-Ouganda, atteint 5 119 mètres. Les secousses de la croûte terrestre s'accompagnent d'une intense activité volcanique.

Celle-ci a donné naissance aux sommets les plus élevés du continent (Kilimandjaro, 5 895 m, le toit de l'Afrique qui, sous l'effet du réchauffement climatique, est en train de perdre ses neiges éternelles ; mont Kenya, 5 199 m). La plus grande extension de terres volcaniques est constituée par la montagne éthiopienne. Un autre axe important de volcanisme prend en écharpe le Sahara central (massif du Hoggar aux reliefs ruiniformes), traverse le Cameroun (mont Cameroun, 4 070 m), se prolonge dans les îles du golfe de Guinée et de l'Atlantique sud (Bioko, São Tomé, Sainte-Hélène). Les appareils volcaniques, les coulées basaltique [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 32 pages

Médias de l’article

Socles africains

Socles africains
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

Afrique : géomorphologie

Afrique : géomorphologie
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

Désert du Namib

Désert du Namib
Crédits : John Chard/ Getty Images

photographie

Le Zambèze aux chutes Victoria

Le Zambèze aux chutes Victoria
Crédits : G. Holton & M. Dash/ Photo Researchers

photographie

Afficher les 29 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  AFRIQUE  » est également traité dans :

AFRIQUE (Structure et milieu) - Géologie

  • Écrit par 
  • Anne FAURE-MURET
  •  • 18 709 mots
  •  • 22 médias

Du point de vue géologique, on désigne sous le terme de bouclier africain ou, simplement, d'Afrique l'ensemble formé par le continent africain, la péninsule arabique et l'île de Madagascar. En effet, ces deux derniers éléments n'ont été séparés du premier que par l'ouverture plus ou moins ancienne de la mer Rouge, au nord, et du canal de […] Lire la suite

AFRIQUE (Structure et milieu) - Biogéographie

  • Écrit par 
  • Théodore MONOD
  •  • 5 805 mots
  •  • 16 médias

Suspendue aux flancs de l'Ancien Monde comme un « gigantesque point d'interrogation » – selon la pittoresque formule de Weulersse – l'Afrique représente le quart de la surface des terres émergées.De tous les continents c'est à la fois le plus massif (1 400 km2 pour 10 km de côtes, contre 300 pour l'Europe) mais surtout le plus tropical et, par conséquent, le plus chaud. S'ét […] Lire la suite

AFRIQUE (Histoire) - Préhistoire

  • Écrit par 
  • Augustin HOLL
  •  • 6 307 mots
  •  • 3 médias

La préhistoire de l'Afrique est littéralement la préhistoire de l'humanité. Les recherches archéologiques effectuées en Afrique sont le fait de toutes les traditions académiques, offrant ainsi une multiplicité de perspectives sur l'évolution des sociétés humaines. En outre, le continent présente la plus longue séquence archéologique du monde, des débuts inc […] Lire la suite

AFRIQUE (Histoire) - De l'entrée dans l'histoire à la période contemporaine

  • Écrit par 
  • Hubert DESCHAMPS, 
  • Jean DEVISSE, 
  • Henri MÉDARD
  •  • 9 666 mots
  •  • 6 médias

L'histoire du continent tout entier apparaît comme une entreprise récente et difficile. Pendant longtemps, seules l'égyptologie, l'islamologie et l'histoire coloniale l'ont, chacune de son point de vue, abordée ; il faut noter du reste que les très anciens systèmes d'écriture, en Égypte, à Méroé, en Éthiopie, sont encore loin d'avoir apporté toutes les info […] Lire la suite

AFRIQUE (Histoire) - Les décolonisations

  • Écrit par 
  • Marc MICHEL
  •  • 12 323 mots
  •  • 25 médias

Alors que s'achève la décolonisation en Asie à la fin des années 1940, le mouvement se déplace en Afrique, tout spécialement au Maghreb, en pleine ébullition. Il existe pourtant déjà un pays d'Afrique du Nord qui a obtenu son indépendance : la Libye. C'est un précédent et un exemple. À leur tour, les nationalistes […] Lire la suite

FRONTIÈRE

  • Écrit par 
  • Guillaume LACQUEMENT
  •  • 6 356 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Tracés des frontières et héritages coloniaux »  : […] Toutefois, le discours sur l’artificialité des frontières se focalise surtout sur la question des héritages coloniaux. Il se construit souvent en décalage avec la genèse des tracés, comme l’illustrent les frontières postcoloniales du continent africain. Les frontières africaines résultent d’un découpage rapide et exogène : les puissances européennes (notamment la France et le Royaume-Uni), rivale […] Lire la suite

NOUVELLES ROUTES DE LA SOIE

  • Écrit par 
  • Nashidil ROUIAÏ
  •  • 4 918 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Des projets à risque ? »  : […] D’autres critiques portent sur la nature des projets financés ou impulsés par la Chine à travers les Nouvelles Routes de la soie. L'Afrique du Sud s'est tournée vers la République populaire pour le financement à hauteur de 4 milliards de dollars de deux centrales à charbon. Pour sortir de la crise énergétique due à sa dépendance à l’hydroélectricité, le Zimbabwe voisin s’est lancé dans la construc […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Roland POURTIER, « AFRIQUE (Structure et milieu) - Géographie générale », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/afrique-structure-et-milieu-geographie-generale/