AFRIQUE NOIRE (Culture et société)Civilisations traditionnelles

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Civilisation des clairières

Dans la forêt ombrophile, qui couvre quelque huit parallèles situés de part et d'autre de l'équateur, et qui s'étend à la côte marécageuse du golfe de Guinée, un autre type de civilisation se manifeste dans de petites sociétés dont certaines sont voisines de celles des chasseurs. Pour planter et récolter, des défricheurs ont taillé l'épaisse forêt avec des outils de fer, ouvrant des clairières où ils cultivent principalement des plantes à tubercules (ignames, patates douces, manioc) et des bananiers. Le rendement est minime : le sol, dépouillé de sa luxuriante végétation, devient vite stérile ; l'insalubrité affaiblit les travailleurs ; la forêt, hostile en ces régions, doit être constamment contenue et, rendant les communications difficiles, elle isole les villages.

Ceux-ci sont fondés sur la parenté – la descendance d'un ancêtre commun dans la ligne maternelle ou, le plus souvent, paternelle – qui fait du clan ou du lignage un groupe de coopération et d'intense solidarité. Les « frères » et « sœurs » (parce que fils et filles d'un homme qui a vécu il y a cinq ou six générations et a laissé un grand souvenir) s'entraident dans la vie quotidienne et, plus encore, au moment des difficultés (une mauvaise récolte, la mort d'un époux). Droits et devoirs réciproques sont définis avec précision et le patriarche du groupe, le plus proche par l'ancienneté de l'ancêtre, veille avec autorité sur le bien commun du lignage. Grâce à lui, le jeune homme sera pourvu d'une ou de plusieurs épouses, recevra la disposition d'un lopin de terre à cultiver, sera protégé contre ses ennemis, et vengé s'il a subi un dommage de la part d'un étranger.

Tout ce qu'est l'homme des clairières, il l'est en tant que descendant d'une lignée d'ancêtres. Aussi est-ce à eux que s'adresse son culte. Pour les honorer, il sculpte des images abstraites qui évoquent, non pas des individus déterminés, mais l'idée même du fondateur fécond d'un puissant lignage. Ce sont [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  AFRIQUE NOIRE  » est également traité dans :

AFRIQUE NOIRE (Culture et société) - Langues

  • Écrit par 
  • Emilio BONVINI, 
  • Maurice HOUIS
  •  • 8 269 mots
  •  • 1 média

Il ne semble pas exagéré de dire qu'il existe un « tiers monde » dans le champ d'étude des langues ethniques et que les langues de l'Afrique noire en font partie. On en a progressivement rendu compte depuis le xviie siècle ; mais, jusqu'à une date assez récente, cette documentation descriptive a souvent manqué de rigueur scientifique. À cela il y a de […] Lire la suite

AFRIQUE NOIRE (Culture et société) - Littératures

  • Écrit par 
  • Jean DERIVE, 
  • Jean-Louis JOUBERT, 
  • Michel LABAN
  •  • 16 604 mots
  •  • 1 média

Les littératures traditionnelles africaines revêtent différentes formes, du récit appartenant au patrimoine identitaire d'un groupe ou d'une ethnie à la production d'œuvres entièrement nouvelles, inscrites dans les préoccupations les plus actuelles de cette ethnie ou de ce groupe […] Lire la suite

AFRIQUE NOIRE (Culture et société) - Religions

  • Écrit par 
  • Marc PIAULT
  •  • 9 611 mots
  •  • 1 média

Considérer les religions négro-africaines comme un ensemble susceptible de définitions appropriées renvoyant à des principes et des règles lui donnant une unité serait accorder une spécificité définitive à leurs manifestations et, au-delà de leur diversité, reconnaître un lien commun entre elles qui conférerait à l'Afrique tenue pour une entité homogène une […] Lire la suite

AFRIQUE NOIRE (Arts) - Un foisonnement artistique

  • Écrit par 
  • Louis PERROIS
  •  • 6 825 mots
  •  • 7 médias

Les arts africains, principalement la sculpture, sont connus en Europe depuis le xve siècle, mais n'ont acquis leur qualité d'expression artistique authentique qu'après 1906, quand les peintres cubistes les eurent fait « découvrir » comme un véritable art nègre. Mais l'art nègre du cubisme est-il vraiment […] Lire la suite

AFRIQUE NOIRE (Arts) - Histoire et traditions

  • Écrit par 
  • Jean DEVISSE, 
  • Francis GEUS, 
  • Louis PERROIS, 
  • Jean POLET
  • , Universalis
  •  • 6 686 mots

Après avoir été longtemps tributaire d'une conception qui ne voyait en lui qu'un ensemble de formes privées de dimension historique, sans véritable référence au contexte qui le portait, l'art africain fait désormais l'objet d’une approche plus englobante, qui s'efforce de rendre aux œuvres leur place chronologique et de décrire au plus près leur environnement fonctionnel.Les arts des cours ancienn […] Lire la suite

AFRIQUE NOIRE (Arts) - Aires et styles

  • Écrit par 
  • Claire BOULLIER, 
  • Geneviève CALAME-GRIAULE, 
  • Michèle COQUET, 
  • François NEYT
  • , Universalis
  •  • 15 141 mots
  •  • 1 média

La perception que l'Occident a pu avoir des arts africains a été fortement perturbée par ce que, dans les années 1920, on a appelé l'« art nègre ». Le choc esthétique et l'influence de ces formes sur les avant-gardes a un temps eu pour effet de faire passer au second plan la richesse des styles, ainsi que la complexité des liens entretenus avec l'univers social et religieux. Ce n'est que par l'étu […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jacques MAQUET, « AFRIQUE NOIRE (Culture et société) - Civilisations traditionnelles », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 juin 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/afrique-noire-culture-et-societe-civilisations-traditionnelles/