AFRIQUE (Histoire)Préhistoire

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Émergence et expansion des économies de production

La phase de réchauffement, qui marque le début de l'Holocène, facilite le repeuplement du Sahara et la recolonisation forestière de l'Afrique équatoriale. De multiples innovations se produisent au cours de cette brève période. Des traces de contrôle en captivité des mouflons à manchettes ont été mises au jour à Uan Afuda, dans le Tadrart Acacus, en Libye du Sud-Ouest. La production de poterie apparaît entre 10000 et 8500 B.P. dans un vaste territoire compris entre le Sahara oriental et la falaise de Bandiagara, au sud du Mali. C'est notamment le cas à Nabta Playa au Sahara oriental, Gabrong dans le Tibesti, Amekni et Site Launay dans l'Ahaggar, à Uan Afuda, Ti-n-Torha et Ti-n-Hanakaten dans le Tadrart Acacu, à Tagalagal dans l'Aïr, à Onjoungou dans le Bandiagara. Les formes de ces premiers récipients varient, des bols ouverts du Sahara oriental aux pots hémisphériques de Tagalagal. Ils ont probablement servi au stockage et à la consommation de nourriture et de liquides. Les sites de cette période contiennent, de manière constante, une bonne proportion de matériels de pierre à gros grain : meules, broyeurs, percuteurs, pilons, mortiers, etc., ayant servi d'une manière ou d'une autre dans le traitement et la préparation de la nourriture. Des restes de sorgho sauvage ont été trouvés en abondance à Wadi Kubbaniya et Nabta Playa. Ceux de mil sauvage et de Panicum sont prédominants à Ti-n-Torha. L'exploitation systématique et intensive des vastes étendues de graminées sauvages a contribué à ancrer les groupes de chasseurs-cueilleurs du Pléistocène final-Holocène ancien dans des secteurs privilégiés du paysage. C'est le cas des lacs des playa du Sahara oriental en Égypte, les vallées des oueds des massifs centraux sahariens et les rives des grands lacs sahariens de l'Holocène ancien. La pêche et l'exploitation intensive des ressources aquatiques et des oiseaux migrateurs fournissaient des ressources moins aléatoires et précaires que la chasse aux gros gibiers.

Comme l'indiquent les données de Wadi Kubbaniya, Nabta Playa et Wadi Ti-n-Torha, l'exploitation intensive des ressources tend à confiner les groupes de chasseurs-cueilleurs dans des territoires de plus en plus restreints. Ces situations engendrent des pressions soutenues des populations humaines sur la faune et la végétation environnante. Diverses options émergent au cours de l'Holocène ancien. Dans la majeure partie des cas, le système de chasse-cueillette se maintient et, dans certaines parties du continent, se poursuit pendant des millénaires jusqu'au xxe siècle.

Des économies de chasse-cueillette et élevage

La deuxième option conduit à l'émergence des économies de chasse-cueillette incluant une part d'élevage, qui se développera quelques millénaires plus tard en pastoralisme intégral, plus ou moins nomade selon les situations. Cette forme pionnière, datée de 10000 à 8000 B.P., se développe dans la partie nord-est du continent, dans une zone comprise entre la vallée du Nil et le Sahara oriental à l'est et le Tadrart Acacus à l'ouest. Les sites de Jebel Nabta, Bir Kiseiba, Ti-n-Torha et Uan Afuda contiennent une faible mais persistante proportion de restes de bovidés, attribués aux bovins domestiques. Il y aurait donc eu, dans ces cas, une domestication locale de bovins au cours de l'Holocène ancien. En dépit des controverses ayant suivi la publication de ces découvertes, les analyses d'ADN mitochondrial indiquent une séparation des stocks sauvages africain, eurasien et du sud-est asiatique remontant à environ 25000 B.P., et renforce considérablement l'hypothèse d'une domestication locale. Les formes variées de pastoralisme se développent en Afrique du Nord, Sahara, vallée du Nil, Afrique occidentale, orientale et australe. Le Cardial (ou Néolithique ancien méridional) de la côte nord-marocaine, l'occupation néolithique de Huah Fteah en Cyrénaïque (Libye) et le Néolithique capsien de la grotte Capeletti dans les Aurès (Algérie orientale) présentent des formes de [...]

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Sites plio-pléistocènes et pléistocènes anciens, Afrique

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Sites acheuléens, Afrique

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Afrique orientale : côte swahili du Xe au XVe s.

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Pour citer l’article

Augustin HOLL, « AFRIQUE (Histoire) - Préhistoire », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/afrique-histoire-prehistoire/