AFRIQUE (Histoire)De l'entrée dans l'histoire à la période contemporaine

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Formation des empires africains (600-1450)

L'Afrique septentrionale

Après la mort du Prophète, les Arabes, maîtres du Proche-Orient, envahissent l'Égypte en 640, puis la Cyrénaïque d'où ils lancent des reconnaissances jusqu'aux abords du lac Tchad. En 670, ils fondent Kairouan, dans l'ancienne province d'Africa, alors dénommée Ifriqiya. Ayant vaincu les résistances berbères les plus dures, en 711, les Arabes passent en Espagne.

En Ifriqiya, point d'appui fort des Omeyyades de Damas, puis des Abbassides de Bagdad, les gouverneurs locaux constituent, au ixe siècle, une dynastie relativement durable : les Aghlabides ; plus à l'ouest, dès la fin du viiie siècle, autour de Fès qu'ils fondent, des réfugiés d'Orient, les Idrissides, constituent aussi des royaumes, parfois éphémères, mais qui ne disparaissent définitivement qu'au xe siècle. Installés à Tahart, d'autres réfugiés orientaux créent un ensemble politique et religieux original, obéissant aux principes du kharidjisme et indépendant de Bagdad ; dès le dernier quart du viie siècle, Tahart est en relation avec Gao, sur le Niger.

En 910, les Fatimides, adversaires shi‘ites du califat abbasside, bousculent l'ordre antérieur et s'installent d'abord en Ifriqiya puis en Égypte, après 969. Le califat fatimide, qui dure jusqu'au dernier quart du xiie siècle, devient une grande puissance politique, économique et religieuse qui domine à la fois les relations avec l'Afrique occidentale jusque vers 950 et le commerce de la mer Rouge et de l'océan Indien. La présence des Fatimides est très importante dans l'histoire de l'Afrique. Contre elle, les califes omeyyades d'Espagne tentent, après 980, d'unifier l'ouest du Maghreb et de contrôler à leur tour les routes de commerce vers l'Afrique de l'Ouest. Les califats d'Espagne et d'Ifriqiya sont aidés pour les relations transsahariennes plus ou moins volontairement par de grandes confédérations berbères, spécialement les Lamta, les Massufa, les Lamtuna, les Djudala (ou Juddala), qui résident entre Sous marocain et Sénégal. Pressés par la puissance de la conquête chrétienne qui gagne vers le sud, les juristes sunnites-malikites d'Espagne et du Maroc suscitent, au sud, un mouvement des Sahariens, connu dans l'histoire sous le nom d'Almoravides. Ceux-ci, entre 1050 et la fin du xie siècle, unifient, pour la première fois, un vaste ensemble de terres musulmanes du Sénégal à l'Ebre. Mais, au milieu du xiie siècle, ils sont remplacés, au Maroc, puis en Espagne et en Ifriqiya, par les Almohades, autre dynastie berbère née des Masmuda de l'Atlas ; sous les Almohades, les dernières traces du christianisme ancien disparaissent. Un siècle plus tard, contestés à leur tour, les Almohades sont remplacés par trois dynasties, l'une à Tunis, une autre à Tlemcen, la troisième au Maroc, qui se disputent le contrôle des relations avec le Sud. Pendant ce temps, depuis la fin du xie siècle, les Fatimides ont été remplacés en Égypte par une famille d'obédience sunnite, les Ayyubides, qui conduisent une contre-offensive victorieuse contre les États francs de Syrie-Palestine. Toute l'Afrique septentrionale musulmane s'affaiblit peu à peu, à cause des rivalités entre cours et de la pression militaire et économique croissante des chrétiens. S'y ajoute, au xiiie siècle, l'invasion mongole qui ravage tout l'Orient arabe ; en Égypte, les Ayyubides cèdent la place aux Mamelouks.

La Nubie et l'Éthiopie

Au xive siècle, le royaume de Dongola, qui avait su maintenir son indépendance, disparaît, conquis par les Mamelouks. Le royaume d'Aloa survit obscurément.

L'Éthiopie chrétienne perd le contrôle du commerce de la côte de la mer Rouge au profit des musulmans ; ceux-ci progressent vers l'intérieur, en particulier par la vallée de l'Awash. Isolée après la disparition de la puissance d'Axoum, l'Éthiopie gagne vers le sud. Au début du xiie s [...]

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Afrique, première moitié du XVIe siècle

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1400 - 1500. Poussée ottomane et grandes découvertes

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Vasco de Gama (vers 1469-1524)

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Afrique orientale au début du XIXe siècle

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Écrit par :

  • : professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris
  • : professeur émérite à l'université de Paris-I
  • : maître de conférences en histoire à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, centre de recherches africaines

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Pour citer l’article

Hubert DESCHAMPS, Jean DEVISSE, Henri MÉDARD, « AFRIQUE (Histoire) - De l'entrée dans l'histoire à la période contemporaine », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/afrique-histoire-de-l-entree-dans-l-histoire-a-la-periode-contemporaine/