ACTE, philosophie

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La tradition aristotélicienne

Le terme « acte » reprend le latin actus, qui traduit deux termes d'Aristote : energeia (« qui est en plein travail ») et entelecheia (« qui séjourne dans sa fin »). Ces deux mots du vocabulaire aristotélicien sont souvent confondus par les traducteurs, mais déjà parfois par Aristote lui-même. L'analyse du mouvement en trois temps permet cependant de les distinguer ; la fin du mouvement s'appelle entelecheia ; le mouvement considéré en son déploiement est energeia ; quant à l'origine du mouvement, elle est en « puissance » (dunamis), c'est-à-dire susceptible de passer et de s'accomplir en sa fin grâce au travail. La fin est donc un achèvement rendu possible par le mouvement énergique accordé à la puissance. Cet ensemble catégorial semble structurer tout mouvement ; en fait, il ne vaut que si on le comprend préalablement comme tendu vers une plénitude manquante, l'entelecheia ; un mouvement indéfini ou circulaire ne peut pas être entendu à l'aide de ces catégories.

Si l'acte dit l'être réel achevé dans notre monde changeant, et en cela identifié à l'entéléchie, l'action, qui est un manque, est nécessairement prédéterminée par cet accomplissement ; nous devons dès lors concevoir le réel comme un système de données déjà toutes réalisées a priori. Si par contre l'être réel s'identifie à ce qui se « passe » dans le monde grâce au « travail », si l'acte est « énergie », l'entéléchie devient un pur idéal fort bien adapté aux conditions de nos actes humains, tout orientés vers un terme à soumettre à des critères de validité qui relèvent plus de la prudence que d'un savoir entièrement assuré de soi.

En fait, la distinction entre acte et action ne saurait être entendue comme une séparation, mais bien comme une relation mutuelle de deux pôles qui s'appellent dialectiquement [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : professeur ordinaire à l'Université grégorienne, Rome

Classification


Autres références

«  ACTE, philosophie  » est également traité dans :

DEVOIR (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 242 mots

Dans le chapitre « Le devoir, une affirmation de la raison »  : […] Un siècle avant Nietzsche, Emmanuel Kant (1724-1804) avait dû admettre que la morale ne se prouve pas. Mais il complétait ce constat par l’idée suivante : si nous sommes dans l’illusion en supposant que nous menons nos existences d’après des principes que nous choisissons de suivre, si nous ne sommes que des êtres conditionnés ou des animaux-machines, c’est alors l’idée même de morale qui s’écrou […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/devoir-notions-de-base/#i_43031

LIBERTÉ (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 519 mots

Dans le chapitre « « Je dois » : un postulat fondateur »  : […] Cependant, aussi extravagante qu’elle paraisse sur un plan métaphysique, l’hypothèse du libre arbitre peut-elle être aisément éliminée ? On doit à Kant , au xviii e  siècle, d’avoir enrichi en la rendant plus subtile l’idée de libre arbitre. C’est en partant à la recherche des fondements de la morale qu’Emmanuel Kant (1724-1804) va revisiter la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/liberte-notions-de-base/#i_43031

Voir aussi

Pour citer l’article

Paul GILBERT, « ACTE, philosophie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/acte-philosophie/