ACQUISITION DU NOMBRE ET DU CALCUL

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Le calcul

Les bébés, à peine âgés de quelques mois, possèdent aussi des capacités attentionnelles qui leur permettent de suivre trois objets, le cas échéant en mouvement ou temporairement cachés. On a pu « expliquer » cette capacité en postulant la création de fichiers d’objets. Ces fichiers permettent notamment aux bébés de voir qu’une très petite collection a été amputée ou enrichie d’un élément. Les bébés donnent ainsi l’impression de raisonner arithmétiquement. Mais il ne s’agit pas d’arithmétique, puisque les enfants ne comparent pas des nombres mais des collections.

Lorsque la construction du nombre a suffisamment progressé, les enfants utilisent les nombres mais court-circuitent souvent le vrai calcul en comptant, notamment sur leurs doigts. Ainsi, lorsqu’ils doivent calculer 4 + 3, ils peuvent représenter 4 sur une main, 3 sur l’autre, et compter le tout en s’aidant éventuellement des lèvres (puisque les doigts ne sont plus disponibles pour pointer) : « un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept ». Bien que l’environnement des enfants (parents, frères ou sœurs, enseignants) puisse y contribuer aussi, l’idée de calculer en comptant sur les doigts semble se développer assez naturellement pour une simple raison pratique : les doigts ont l’avantage d’être toujours à portée de main !

Une première amélioration de ce comptage du tout est le « surcomptage » : les enfants, vers cinq ou six ans, se rendant compte que le recomptage de 4 (dans l’exemple) est inutile, comptent à partir de 5 : « cinq, six, sept ». Comment savent-ils, dans un tel surcomptage, qu’il faut s’arrêter à « sept » ? Les très petits nombres (jusqu’à 3) pouvant être perçus sans comptage, les enfants n’ont pas besoin d’avoir recours à un mode de contrôle extérieur ; mais, pour des nombres plus grands, les enfants utilisent les doigts : pour surcompter 5 à 8 par exemple, ils lèvent (ou pointent simplement des yeux), le pouce en même temps qu’ils disent « neuf », l’index pour « dix », le majeur pour « onze », l’annulaire pour « douze » et l’auriculaire pour « treize » ; comme ils voient qu’ils ont parco [...]

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Écrit par :

  • : professeur émérite de psychologie du développement, université de Lorraine

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Pour citer l’article

Jean-Paul FISCHER, « ACQUISITION DU NOMBRE ET DU CALCUL », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/acquisition-du-nombre-et-du-calcul/