ACQUISITION DU NOMBRE ET DU CALCUL

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Le nombre

Pratiquement dès leur naissance, les bébés ont une capacité attentionnelle qui leur permet de marquer leur surprise lorsqu’ils voient qu’une collection de trois objets succède à plusieurs collections de deux objets. Âgés de quelques mois, ils arrivent aussi à différencier deux collections plus grandes, par exemple de huit et seize objets, d’après l’impression de quantité ou de grandeur que donnent ces collections. C’est seulement avec le développement du langage (premiers mots vers un an) que les nombres symboliques pourront se développer. Les mots de nombre fréquemment utilisés par leur entourage (notamment « deux » : chaussures, mains, etc.) permettent aux enfants, vers trois ans, d’utiliser adéquatement les premiers nombres (« deux », « un », éventuellement « trois »). La lente mémorisation de la suite des mots de nombres (arbitraire jusqu’à seize), souvent accompagnée d’un comptage par pointage avec un doigt (« un », « deux », « trois », « quatre »…), permet ensuite de dénommer des nombres supérieurs à 3.

Le comptage par pointage est le prolongement naturel du pointage (du doigt) qui, à la fin de la première année de vie, constitue une étape fondamentale du développement de l’enfant. Vers quatre ans, on rencontre toutefois des enfants qui comptent en pointant mécaniquement « un », « deux », « trois », « quatre » par exemple : ils ne savent pas encore que « quatre », le dernier mot de nombre utilisé lors du comptage, a un statut particulier, à savoir désigner le nombre d’éléments de la collection comptée. Lorsqu’on leur demande combien ils ont trouvé à l’issue de leur comptage, souvent  ils répètent : « un », « deux », « trois », « quatre ». L’une des raisons pour laquelle le sens quantitatif du nombre échappe à l’enfant, dans de tels comptages par pointage, est que pour le deuxième objet il dit « deux » en pointant un seul objet, et ainsi de suite « trois », puis « quatre », toujours en pointant un seul objet.

L’école, par une étude systématique des compositions additives des nombres, d’abord inférieurs à 10, puis [...]


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Écrit par :

  • : professeur émérite de psychologie du développement, université de Lorraine

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Pour citer l’article

Jean-Paul FISCHER, « ACQUISITION DU NOMBRE ET DU CALCUL », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/acquisition-du-nombre-et-du-calcul/