ACALCULIES

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Historique et classifications

Au début du xxe siècle, le neurologue suédois Salomon E. Henschen crée le terme acalculie pour désigner une incapacité à résoudre des problèmes arithmétiques. Le concept s'est progressivement étendu pour désigner tout trouble affectant la lecture, la compréhension ou la production de nombres dans différentes notations, ou la résolution de calculs simples ou complexes.

Jusqu'aux années 1970, les recherches visaient à classifier les troubles acalculiques et en établir la spécificité. On parlait d'acalculie primaire, d’acalculie pure ou d’anarithmétie lorsque les troubles n'étaient pas explicables par un autre déficit cognitif, et d’acalculies secondaires lorsqu'ils découlaient de l'atteinte d'une autre fonction cognitive, essentiellement :

– un désordre du langage altérant le traitement des notations numériques. L’acalculie alexique ou agraphique désignait un trouble de la lecture ou de l’écriture des nombres, et l'acalculie asyntaxique un trouble de la compréhension ou de la production de la structure syntaxique de nombres à plusieurs chiffres ;

– un désordre visuo-spatial affectant l'interprétation de la valeur positionnelle des chiffres dans les nombres arabes, ou se manifestant par une mauvaise disposition spatiale en calcul écrit. On parlait alors d’acalculie spatiale ;

– un désordre mnésique responsable du non-recouvrement en mémoire à long terme des réponses aux problèmes arithmétiques simples ;

– un désordre intellectuel affectant les capacités de raisonnement arithmétique.

L'existence d'une acalculie primaire a été contestée, mais la description de doubles dissociations chez des patients présentant une atteinte ou une préservation sélectives de leurs habiletés numériques et arithmétiques a montré que, bien qu'elle soit fréquemment associée à d'autres troubles cognitifs et qu'elle puisse en découler, l'acalculie pouvait apparaître de manière isolée. Enfin, l'acalculie est souvent associée à trois autres déficits (agraphie, agnosie digitale, confusion spatiale entre gauche et droite) au sein du syndrome de Gerstmann dont l'interprétation exacte (dépendance fonctionnelle ou cooccurrence de troubles indépendants) est toujours en débat.


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Écrit par :

  • : professeur, université catholique de Louvain (Belgique)

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DYSCALCULIE DÉVELOPPEMENTALE

  • Écrit par 
  • Marie-Pascale NOËL
  •  • 1 159 mots

La dyscalculie développementale est une difficulté sévère de l’apprentissage des mathématiques qui n’est pas due à une déficience mentale, un déficit sensoriel ou un enseignement inapproprié. Ce trouble n’est pas non plus la conséquence d’une pathologie cérébrale acquise, sinon, on parlerait d’acalculie acquise. Entre 3 et 6 p. 100 des enfants ayant une intelligence normale présentent ce type de […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Mauro PESENTI, « ACALCULIES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/acalculies/