ACADÉMIE DE FRANCE À ROME

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Gloire et usure d'une institution

C'est au xviiie siècle, quoi qu'il en soit, que l'Académie de France devait connaître son apogée. Logée à partir de 1725 dans le somptueux palais Mancini à l'entrée du Corso, elle est alors parfaitement intégrée à la « Ville éternelle ». La fécondité du foyer romain, l'importance stratégique qu'il revêt à nouveau au milieu du siècle à la suite des grandes découvertes archéologiques faites en Campanie, les relations étroites que l'Académie de France entretient avec l'Académie romaine de Saint-Luc, institution ouverte aux idées nouvelles, ont certainement contribué à stimuler les travaux des pensionnaires durant toute cette période. Une lignée d'excellents directeurs, bien connus grâce à leur correspondance, publiée, pour les xviie et xviiie siècles, par J. Guiffrey et A. de Montaiglon (1887-1912, 17 vol.), et dont certains exercèrent même, semble-t-il, une influence fondatrice – ainsi le peintre Natoire pour le renouveau du sentiment de la nature, et Vien pour celui de l'inspiration antique – ne pouvaient qu'accentuer ce climat favorable. Dans la liste des pensionnaires depuis la fin du xviie siècle, on retrouve pour ainsi dire l'élite de l'art français du temps : les peintres Nattier, Boucher, C. van Loo, Lemoyne, Subleyras, Fragonard, David, Peyron, Drouais, Fabre et Girodet, les sculpteurs Girardon, G. Coustou, R. Le Lorrain, L. S. Adam, Slodtz, Bouchardon, Pigalle, Pajou et Houdon, les architectes Soufflot et De Wailly. Le phénomène est remarquable : il ne devait plus se reproduire avec une telle envergure.

Marius à Minturnes, J. G. Drouais

Marius à Minturnes, J. G. Drouais

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Marius à Minturnes, huile sur toile du Français Jean Germain Drouais (1763-1788). Louvre, Paris. 

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Après la Révolution, qui ouvre une parenthèse dans son histoire – à l'instar de toutes les académies de l'Ancien Régime, elle est supprimée de 1793 à 1795 et ne « redémarre » guère avant 1803, date de son installation à la Villa Médicis –, l'Académie de France est plus que jamais l'une des pièces maîtresses de l'organisation officielle des beaux-arts. De nouvelles disciplines y sont admises : la musique en 1803, la [...]


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Marius à Minturnes, J. G. Drouais

Marius à Minturnes, J. G. Drouais
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La Mort d'Achille, David d'Angers

La Mort d'Achille, David d'Angers
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Pour citer l’article

Robert FOHR, « ACADÉMIE DE FRANCE À ROME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/academie-de-france-a-rome/