MADELEINE ABRI DE LA, site préhistorique

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Un vaste abri naturel

L'abri est creusé au pied d'une imposante falaise calcaire de 45 mètres de hauteur et de 500 mètres de longueur. Elle est orientée au sud et bénéficie donc d'un exceptionnel ensoleillement. L'abri préhistorique s'étend sur près de 250 mètres de longueur, sur la rive droite de la Vézère et au sortir d'un ample méandre.

L'abri est fouillé sans méthode jusqu'en 1865 par E. Lartet et le banquier Henry Christy. Seuls les niveaux supérieurs du site dans sa partie centrale sont alors explorés. Les couches archéologiques affleurent et, dès les premiers coups de pioches, ce sont des milliers de silex, d'outils en os et bois de renne, d'ossements ainsi que des dizaines d'objets ornés (ossements et pierres gravés) qui surgissent. Les industries préhistoriques issues de ces premières fouilles sont utilisées en 1872 par G. de Mortillet pour caractériser l'époque baptisée « Magdalénien ».

D. Peyrony entreprend, de 1910 à 1913, l'évacuation des anciens déblais et l'exploration méthodique des parties restées vierges. Il fouille ainsi du fond de l'abri à la limite du surplomb rocheux sur toute la longueur du gisement. On lui doit la première reconnaissance stratigraphique de trois couches principales de Magdalénien qu'il distingue sur une base sédimentologique et archéologique et qu'il publie tardivement (1928). H. Breuil adapte en 1912 les stades IV, V et VI de sa chronologie du Magdalénien récent aux couches inférieure, moyenne et supérieure de la stratigraphie Peyrony.

Le site est de nouveau étudié de 1968 à 1983 par Jean-Marc Bouvier. Ses fouilles apportent des précisions sur la séquence stratigraphique, les paléoenvironnements et fournissent plusieurs datations au carbone 14 qui calent précisément la séquence magdalénienne. Il identifie dix-huit niveaux archéologiques entrecoupés de niveaux d'effondrements ou d'inondations sur une épaisseur de 6,50 m. La faune chassée et consommée montre deux ensembles distincts, l'un avec une forte proportion de renne et une présence importante du cheval et l'autre où le renne domine très largement.

Le site de la Madeleine d [...]

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Mammouth gravé sur ivoire

Mammouth gravé sur ivoire
Crédits : P. Paillet, Collections Muséum national d'Histoire naturelle

photographie

Relevé du mammouth gravé de la Madeleine

Relevé du mammouth gravé de la Madeleine
Crédits : P. Paillet

photographie

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Écrit par :

  • : docteur en préhistoire, maître de conférences au Muséum national d'histoire naturelle, Paris

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ABRI-SOUS-ROCHE

  • Écrit par 
  • Marie-Thérèse BOINAIS
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Parmi les divers types de gisements préhistoriques, les abris-sous-roche, sites d'habitat installés au pied des falaises et simplement protégés par un surplomb rocheux, sont extrêmement nombreux dans toutes les régions du globe, non seulement en Europe, notamment dans la région dite franco-cantabrique, mais également en Afrique et en Amérique, là où de telles structures naturelles ont existé. Cont […] Lire la suite

Pour citer l’article

Patrick PAILLET, « MADELEINE ABRI DE LA, site préhistorique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/abri-de-la-madeleine-site-prehistorique/