ABDOMEN

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Pathologie chirurgicale

Les affections aiguës les plus courantes peuvent se scinder en lésions traumatiques, syndromes occlusifs, syndromes péritonéaux, syndromes vasculaires. Parmi les affections chroniques, l'ulcère gastro-duodénal, la lithiase biliaire, les cancers digestifs sont souvent justiciables d'une sanction opératoire.

La pathologie traumatique

L'abdomen, insuffisamment protégé par sa paroi musculaire, est exposé à différentes agressions, qui provoquent soit des contusions, soit des plaies.

a) Les contusions de l'abdomen atteignent de préférence les organes parenchymateux, et, par ordre de fréquence décroissante, la rate, le foie, les reins, le pancréas.

La rupture traumatique de la rate peut succéder à un traumatisme localisé, du type coup pied de cheval, avec fracture des dernières côtes gauches ; elle s'observe également après un accident grave, chute d'une certaine hauteur, écrasement, etc. La rate, organe pédiculé, mobile, turgescent, car rempli de sang, entouré d'une capsule mince, se rompt en général par le mécanisme du contrecoup. Il en résulte une hémorragie intrapéritonéale très abondante, qui donne un tableau d'anémie suraiguë, avec effondrement de la tension artérielle, pâleur, état syncopal. Il faut de toute urgence enlever la rate et reconstituer la masse sanguine par transfusion.

Le foie peut présenter, par un mécanisme identique, une ou plusieurs fissures qui siègent au niveau de la convexité et des attaches diaphragmatiques. Le syndrome d'anémie aiguë s'enrichit de signes particuliers, comme le pouls ralenti, la présence de sucre dans les urines. En dehors d'un broiement, incompatible avec la survie, les ruptures du foie réalisent souvent leur hémostase de façon spontanée.

Les contusions du rein ne sont pas rares après fracture des dernières côtes ; elles se manifestent par une hématurie, un hématome lombaire périrénal. Elles peuvent conduire à la néphrectomie (ablation du rein).

Le pancréas est particulièrement menacé dans les contusions appuyées, comme les écrasements de l'abdomen entre le sol et une roue de voiture. La paroi abdominale est contracturée et il existe parfois des vomissements sanglants.

b) Les plaies de l'abdomen, par arme blanche ou par projectile, peuvent atteindre tous les viscères, les gros vaisseaux. Elles associent volontiers des lésions abdominales et des lésions thoraciques. Les viscères creux, estomac, intestin, sont souvent atteints, ce qui provoque une péritonite aiguë, avec contracture de la paroi abdominale. En pratique, toute plaie est explorée chirurgicalement, et une plaie pénétrante, avec une ouverture de la cavité péritonéale, commande un inventaire minutieux de tous les viscères abdominaux.

Les syndromes occlusifs

Il existe des occlusions « fonctionnelles », sans obstacle mécanique, dont le type est l'iléus paralytique postopératoire, et des occlusions « mécaniques ».

On oppose les occlusions par obturation, qui ferment la lumière intestinale, et les strangulations, par obstacle extrinsèque. Les premières sont provoquées par un corps étranger (noyau de pêche), un gros calcul biliaire (iléus biliaire), qui obturent l'intestin grêle, ou par un cancer, qui rend rigide la paroi du côlon et envahit sa cavité.

La strangulation la plus commune est la bride péritonéale, née d'une laparotomie antérieure ; elle écrase une anse intestinale. Dans la hernie crurale, l'étranglement siégera au niveau du collet, orifice fibreux étroit, inextensible. Dernier type de strangulation, le volvulus par torsion d'une anse, autour de son pédicule : citons à titre d'exemple le volvulus du côlon pelvien ou d'une anse sigmoïde.

L'occlusion intestinale entraîne la stase des liquides et des gaz au-dessus de l'obstacle. Il en résulte des douleurs abdominales discontinues, appelées coliques, dues aux contractions énergiques de l'intestin en lutte contre l'obstacle ; des vomissements de plus en plus fréquents et abondants ; un arrêt des matières et surtout des gaz étant le meilleur signe. Localement, l'abdomen est distendu, météorisé, parfois de façon monstrueuse (volvulus du côlon pelvien), et le ballonnement donne une sonorité aiguë à la percussion (tympanisme). La radiographie, en position debout, montre des « niveaux liquides », c'est-à-dire des vésicules hydro-aériques à niveau horizontal, visualisant les anses distendues. Le malade est déshydraté. L'intervention libère l'obstacle, rétablit le transit intestinal.

Une forme à part est l'invagination intestinale aiguë, qui frappe de préférence le jeune nourrisson ; la dernière anse grêle s'engage dans la cavité colique, fait hernie, et l'iléon se déroule petit à petit, migre dans le côlon droit vers le rectum. Annoncée par des vomissements, l'arrêt des selles, une petite hémorragie anale, l'invagination peut se palper sous forme d'un « boudin » ; l'opacification du gros intestin par lavement baryté situe l'obstacle, et, dans certains cas, désinvagine l'anse.

Le syndrome péritonitique

Le plus pur syndrome péritonitique est réalisé par la perforation d'un ulcère de l'estomac ou du duodénum. La douleur subite, dite « en coup de poignard », siège à l'épigastre ; elle est accompagnée d'un syndrome de choc, avec pâleur, pouls rapide, sueurs ; la température est normale. L'abdomen, à l'inspection, est plat, rétracté, ne respire pas. La palpation note une contracture généralisée de la paroi abdominale, c'est-à-dire une paroi dure, impossible à déprimer, le « ventre de bois » des cliniciens. La radiographie montre un croissant clair entre la coupole diaphragmatique et le foie : il affirme la présence d'air dans la cavité péritonéale, la perforation d'un viscère creux. Le traitement vise à suturer la perforation et à prévenir les complications.

L'appendicite aiguë la plus banale se manifeste par une fièvre modérée (38,5 0C), une douleur de la fosse iliaque droite, des nausées ou des vomissements, une constipation. Ces derniers signes traduisent la réaction péritonéale, qui s'objective, à la palpation, par la défense musculaire, c'est-à-dire une paroi abdominale moins déprimable que normalement. L'ablation d'urgence de l'appendice évite l'évolution redoutable vers la péritonite généralisée par perforation appendiculaire : une douleur brutale, basse, de la fosse iliaque droite, un abdomen ballonné, une température élevée (38-40 0C), des vomissements incessants s'accompagnent d'une contracture abdominale généralisée. L'extirpation de l'appendice, qui est gangrené, perforé, s'effectue dans de mauvaises conditions.

Dans les péritonites localisées, où le péritoine édifie autour de l'organe malade une barrière d'adhérences, qui protègent la grande cavité péritonéale de l'inoculation septique, la contracture est locale ; on parle de « plastron ».

Citons la contracture sous-hépatique d'une cholécystite aiguë (infection v [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 10 pages

Médias de l’article

Tronc humain

Tronc humain
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Paroi abdominale : muscles iliaques et lombaires

Paroi abdominale : muscles iliaques et lombaires
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Paroi abdominale : profil

Paroi abdominale : profil
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Paroi abdominale (face)

Paroi abdominale (face)
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Afficher les 9 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  ABDOMEN  » est également traité dans :

APPENDICITE

  • Écrit par 
  • Laurent CHARBIT
  •  • 1 081 mots

Affection très fréquente, l'appendicite peut encore, de nos jours, avoir des conséquences graves. Anatomiquement, l'appendice peut être atteint à divers degrés : appendicite catarrhale, où l'appendice est simplement œdématié et hypervascularisé ; appendicite purulente (empyème appendiculaire) ; gangrène et perforation enfin. Les organes de voisinage (cæcum, intestin grêle, épiploon) vont réagir p […] Lire la suite

ASCITE

  • Écrit par 
  • Michel PRIVAT DE GARILHE
  •  • 143 mots

L'hydropéritoine ou ascite est une accumulation de liquide dans la cavité péritonéale entre le feuillet qui tapisse la paroi abdominale et celui qui couvre les organes abdominaux. La distension ascitique de l'abdomen est accompagnée de matité à la percussion. Les causes les plus habituelles de l'ascite sont la cirrhose du foie, l'insuffisance cardiaque, l'invasion tumorale des feuillets péritonéau […] Lire la suite

CHIRURGIE ESTHÉTIQUE

  • Écrit par 
  • Pierre NAHON
  •  • 5 106 mots

Dans le chapitre « L'abdomen »  : […] La paroi abdominale, qui s'étend des dernières côtes au pubis, est constituée de la peau, de la graisse sous-cutanée et des muscles abdominaux. Chacun de ces trois éléments peut être l'objet de variations responsables d'une déformation. À côté de la grande intervention classique de décollement de toute la paroi abdominale avec une grande excision cutanée refermée sous tension et laissant en généra […] Lire la suite

CIRCULATION COLLATÉRALE

  • Écrit par 
  • Didier LAVERGNE
  •  • 67 mots

Phénomène de dérivation, à la surface du tronc, d'une partie de l'écoulement sanguin normalement assuré par les veines profondes de la région thoraco-abdominale. Caractérisée par l'apparition sur les flancs et la région hypogastrique d'un réseau veineux sous-cutané bleuâtre et turgescent, la circulation collatérale exprime l'existence d'une hypertension portale. […] Lire la suite

DIGESTIF APPAREIL

  • Écrit par 
  • Jean-Jacques BERNIER, 
  • Jean-Louis FRESLON, 
  • Claude GILLOT
  • , Universalis
  •  • 15 451 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre «  Description de l'appareil digestif humain »  : […] L'élément principal de l'appareil digestif est un tube, ouvert à ses deux extrémités. On peut distinguer : un pôle supérieur, ou céphalique, la cavité buccale, véritable vestibule du tube digestif, par laquelle pénètrent les aliments ; et un pôle inférieur, ou caudal, le rectum, qui contrôle la défécation par l'orifice anal. Entre ces deux pôles, le tube digestif se différencie en quatre segments […] Lire la suite

ÉTRANGLEMENT HERNIAIRE

  • Écrit par 
  • Laurent CHARBIT
  •  • 659 mots

Par les lésions intestinales qu'il entraîne, l'étranglement est la complication la plus fréquente des hernies, et la plus grave. Toutes les hernies peuvent s'étrangler : inguinales, crurales et ombilicales surtout, mais aussi diaphragmatiques, obturatrices et épigastriques. L'étranglement est caractérisé par la striction serrée et permanente des organes contenus dans le sac herniaire. L'orifice h […] Lire la suite

FOIE

  • Écrit par 
  • Jean ANDRE, 
  • Jacques CAROLI, 
  • Yves HECHT
  •  • 15 674 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Anatomie et histologie »  : […] Le foie est un organe thoraco-abdominal : la majeure partie de cette glande est logée sous la très profonde coupole diaphragmatique droite qui le sépare du poumon droit et d'une partie du cœur ; il surplombe (fig. 1) la partie droite des viscères abdominaux, auxquels le relient d'une part des vaisseaux (veine porte et artère hépatique qui lui apportent le sang ; veines sus-hépatiques qui en assur […] Lire la suite

HERNIE INGUINALE

  • Écrit par 
  • Laurent CHARBIT
  •  • 566 mots

C'est la plus fréquente des hernies. Elle se voit surtout chez l'homme. Elle est due à l'extériorisation, temporaire ou permanente sous l'influence de la pression intra-abdominale, d'un viscère qui refoule les éléments de la paroi abdominale au niveau d'un point faible, anatomiquement prévisible, ici inguinal. Les enveloppes de la hernie sont constituées par la paroi (peau et graisse sous-cutanée […] Lire la suite

HOQUET

  • Écrit par 
  • Didier LAVERGNE
  •  • 180 mots

Contraction spasmodique et rythmique du diaphragme associée à celle des muscles constricteurs de la glotte, le hoquet constitue un réflexe qu'on peut inhiber, lorsque sa cause est bénigne, en faisant faire au patient une déglutition très lente en apnée. Mais le hoquet est, dans certains cas, un signe révélateur qui traduit des lésions diverses. Ce sont parfois des atteintes neurologiques (syndrome […] Lire la suite

INSECTES

  • Écrit par 
  • René LAFONT, 
  • Jean-Yves TOULLEC
  •  • 12 855 mots
  •  • 35 médias

Dans le chapitre « L'abdomen »  : […] L'abdomen est composé primitivement de onze segments, mais ce chiffre peut varier. Le premier segment peut être réduit ou incorporé au thorax comme chez certains Hyménoptères, ou, bien souvent, les segments terminaux peuvent être modifiés ou réduits. L'exosquelette des somites abdominaux se compose d'un tergite et d'un sternite reliés par une région pleurale membraneuse portant dans certains cas d […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

6-7 octobre 2002 France. Agression contre Bertrand Delanoë, maire de Paris

l'abdomen, par un informaticien au chômage, Azedine Berkane, qui déclarera ne pas aimer les hommes politiques et les homosexuels. L'agression se produit durant la première édition de la Nuit blanche, manifestation culturelle organisée par la Mairie de Paris dans divers lieux de la capitale. Le 7, Azedine Berkane est mis en examen pour tentative d'assassinat […] Lire la suite

Pour citer l’article

Claude GILLOT, « ABDOMEN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/abdomen/