SAINT-AMAND ABBAYE DE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La légende veut qu'au viie siècle, le moine Amand soit venu dans l'antique forêt de Vicoigne (Saint-Amand-les-Eaux est situé à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Lille) fonder un monastère où il se serait fait enterrer. À l'époque carolingienne, l'abbaye devint un foyer spirituel éclatant que les Normands anéantirent au ixe siècle. Elle fut, après bien des vicissitudes, entièrement rebâtie au xviie siècle par l'abbé Nicolas du Bois, suivant un plan grandiose qui devait faire l'admiration des contemporains. La Révolution vit la destruction de la plupart des bâtiments : il ne subsiste plus aujourd'hui que la porterie et l'extraordinaire tour de l'église. Par son plan et par sa décoration, l'église mêlait le style gothique aux influences italianisantes. Elle atteignait en longueur cent quarante mètres, en largeur soixante-dix-huit mètres et en hauteur vingt-neuf mètres ; le plan comprenait une nef bordée de collatéraux, un transept très débordant coiffé d'une tour-lanterne, terminé par des absides polygonales et un chœur à chevet plat à trois chapelles adossées. Le plus étonnant était le sanctuaire à deux étages emprunté à l'art carolingien. La tour-porche, seule conservée actuellement, est accolée de deux tourelles d'escalier qui masquaient les collatéraux ; elle rappelle les massifs occidentaux de l'époque carolingienne, survivance bien étrange en plein xviie siècle.

À l'époque romane, l'abbaye de Saint-Amand a possédé un scriptorium qui produisit des chefs-d'œuvre d'une très grande originalité. Le nom d'un des enlumineurs nous est même parvenu, Savelo ; il a signé quelques ouvrages et collaboré à un grand nombre d'autres. D'autres enlumineurs, anonymes, ont fait preuve de plus de talent encore, ainsi celui qui décora les œuvres de Gilbert de la Porrée, l'auteur de la Vie de saint Amand, illustrée de quarante-deux enluminures, enfin le groupe d'artistes qui gravitent autour de l'extraordinaire portrait de saint Grégoire. La finesse du dessin s'allie à un choix très subtil des couleurs dans ces enluminures qui rivalisent, malgré leur format, avec la peinture murale.

—  Alain ERLANDE-BRANDENBURG

Écrit par :

Classification

Autres références

«  SAINT-AMAND ABBAYE DE  » est également traité dans :

ROMAN ART

  • Écrit par 
  • Marcel DURLIAT
  •  • 20 510 mots
  •  • 19 médias

Dans le chapitre « Le Nord et le Midi dans la peinture des livres »  : […] Par rapport à l'époque carolingienne, l' enluminure enregistre des transformations profondes. Un métier qui ne s'exerçait jusque-là que dans un petit nombre de monastères, en vue d'une production de très grand luxe, destinée à une clientèle de princes et de magnats ecclésiastiques, se généralise par suite d'une plus large diffusion du livre. La pratique de la lecture s'est en effet répandue dans […] Lire la suite

SÉQUENCE DE SAINTE EULALIE

  • Écrit par 
  • Bernard CERQUIGLINI
  •  • 336 mots

La bibliothèque de Valenciennes conserve un manuscrit latin où l'on copia, sans doute à l'abbaye de Saint-Amand-les-Eaux dans la première moitié du ix e siècle, une traduction latine des œuvres de saint Grégoire de Nazianze. Ce manuscrit fut ensuite l'objet d'une double intervention qui lui donne une place éminente dans l'histoire de la littérature française. Vers la fin du siècle, on inséra, au […] Lire la suite

Pour citer l’article

Alain ERLANDE-BRANDENBURG, « SAINT-AMAND ABBAYE DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/abbaye-de-saint-amand/