A.M.A.P. (Association pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne)

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Les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, ou A.M.A.P., sont nées de la rencontre de deux modèles alternatifs et militants, qui s’est opérée grâce à une commercialisation de produits agricoles par des circuits courts. Elles réunissent donc, d’une part, des consommateurs qui souhaitent développer des systèmes alimentaires alternatifs (mieux contrôlés par les citoyens eux-mêmes) et territorialisés (venant s’opposer à ceux, mondialisés et standardisés, de la grande distribution) et, d’autre part, des agriculteurs très critiques à l’égard des méthodes de culture de l’agriculture productiviste (largement fondées sur un recours important à des intrants – engrais, produits phytosanitaires, etc. – d’origine industrielle) et désireux de promouvoir des agricultures biologiques ou raisonnées ancrées dans des terroirs bien identifiés. Dans cette perspective, consommateurs et agriculteurs s’inscrivent ensemble dans la mise en œuvre de démarches de développement durable qui associent la protection de la nature et de la biodiversité, les échanges équitables, la réduction des « kilomètres parcourus par les produits alimentaires » (food miles) et la territorialisation des productions. Les A.M.A.P. apparaissent ainsi comme une forme emblématique des  agricultures de proximité aujourd’hui en plein développement. Elles participent également au commerce équitable dans le domaine agricole.

Origine des A.M.A.P.

En France, la première A.M.A.P. a été créée en 2001 à Aubagne, ville limitrophe de Marseille, à la suite d’un voyage de maraîchers de cette région en Californie. Ils y avaient découvert, à côté des fermes géantes (corporate farms) de la grande agriculture capitaliste californienne, la présence de communities supported agriculture (C.S.A.), c’est-à-dire d’agricultures soutenues par des communautés locales de consommateurs citoyens. Le fonctionnement de ces C.S.A., très proche de celui des communities shared agriculture canadiennes, repose sur des accords conclus entre un ou plusieurs agriculteurs et un ou plusieurs groupes de consommateurs motivés pour encourager le développement de productions agricoles locales respectueuses de l’environnement et des modes de commercialisation solidaires.

Les consommateurs participant aux C.S.A. souhaitent à la fois « manger local » (ce sont des locavores), « manger sain » (grâce à l’agriculture biologique ou raisonnée), bien manger (ils sont sensibles à la qualité des produits) et « manger juste » (en rémunérant les agriculteurs à un juste prix pour leur travail et leur gestion de l’environnement). Ces objectifs correspondent pleinement à une démarche de développement durable déclinée dans ses composantes économique (viabilité), sociale (équité) et environnementale (durabilité sur le plan écologique). S’y ajoute une dimension éthique qui renvoie au respect de la biodiversité et du bien-être animal, et même à la notion de « biens communs » concernant le foncier agricole.

Les premières C.S.A. californiennes datent de 1984. Elles correspondent en fait à des adaptations nord-américaines des teikei, apparus au Japon dès les années 1960 en réaction à différents accidents sanitaires liés aux premiers développements d’une agriculture productiviste et industrialisée dans ce pays. Le mot teikei signifie « mettre le visage du paysan sur les aliments ». Des groupes de consommateurs (au départ surtout des mères de famille) s’étaient alors engagés à acheter, à l’avance et à un prix supérieur à celui du marché, la totalité du lait produit par des agriculteurs qui garantissaient n’utiliser aucun produit chimique.

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Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (A.M.A.P.)

Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (A.M.A.P.)
Crédits : D. Bringard/ Biosphoto

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Charte des A.M.A.P. : principes fondateurs

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Crédits : Encyclopædia Universalis France

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  • : professeur émérite à l'université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, membre de l'Académie d'agriculture de France

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AGRICULTURE DURABLE

  • Écrit par 
  • Jean-Paul CHARVET
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Dans le chapitre « Les limites de l’agriculture biologique  »  : […] L’agriculture biologique jouit d’une image très positive dans l’opinion publique. Elle est synonyme de santé, de pureté, de qualité, de naturalité, d’harmonie avec l’environnement, de proximité avec les consommateurs… Elle bénéficie, par ailleurs, du soutien d’actions militantes guidées par des considérations éthiques, comme celle des « locavores », c’est-à-dire des citoyens qui cherchent à acquér […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Jean-Paul CHARVET, « A.M.A.P. (Association pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/a-m-a-p/