200758e Championnat du monde de formule 1

Temps forts

La nouvelle donne de cette saison de formule 1 est évidemment la retraite de Michael Schumacher, qui fut au cœur des débats depuis 1994. Le champion du monde en titre, l'Espagnol Fernando Alonso, a rejoint McLaren, où il aura pour coéquipier le jeune Britannique Lewis Hamilton, « couvé » par Ron Dennis depuis des années. Chez Ferrari, le Finlandais Kimi Räikkönen rejoint le Brésilien Felipe Massa. Cette saison est aussi marquée par un retrait d'importance : le manufacturier de pneumatiques français Michelin abandonne la compétition, et Bridgestone devient le fournisseur unique de toutes les écuries.

Le 18 mars, Kimi Räikkönen remporte le premier grand prix, à Melbourne. Après un succès de Fernando Alonso au Grand Prix de Malaisie, à Sepang, Felipe Massa s'adjuge les deux courses suivantes. Mais la surprise de ce début de saison, dominé par Ferrari et McLaren alors que Renault se trouve à la peine, est l'éclosion de Lewis Hamilton, qui surprend par sa constance : le jeune prodige britannique truste les podiums. Mieux, il s'adjuge le Grand Prix du Canada, à Montréal le 11 juin, puis celui des États-Unis, le 17 juin à Indianapolis, ce qui lui vaut d'être alors en tête du classement du Championnat du monde, avec une nette avance sur son coéquipier, Fernando Alonso (10 points).

Mais l'ambiance se dégrade dans les paddocks. Chez McLaren, Fernando Alonso prend ombrage des succès de son jeune coéquipier, d'autant que l'écurie semble soutenir le Britannique et délaisser l'Espagnol. Une décision curieuse de la F.I.A. accentue le différend : lors du Grand Prix de Hongrie, le 5 août, elle rétrograde de cinq places Fernando Alonso, initialement en pole-position, sur la grille de départ, l'accusant d'avoir gêné dans les stands Lewis Hamilton. Hamilton remporte la course, tandis qu'Alonso prend la quatrième place. Alors qu'il dispute sa première saison en formule 1, Lewis Hamilton fait désormais figure de favori pour le titre : il compte 7 points d'avance sur Alonso, 20 sur Räikkönen, 21 sur Massa.

Mais une affaire autrement grave secoue la formule 1. Le 21 juin, Ferrari a révélé que son chef mécanicien, Nigel Stepney, aurait divulgué des secrets concernant la conception de la F2007 à son homologue chez McLaren, Mike Coughlan. Celui-ci s'en serait servi pour mettre au point la MP4-22 de ses pilotes. Le 3 juillet, la Scuderia a licencié Stepney. Le Conseil mondial de la F.I.A. s'est réuni le 26 juillet. La décision qu'il a rendue à cette occasion est des plus ridicules : le Conseil a conclu que McLaren avait bien bénéficié de ces informations – donc que l'espionnage était avéré –, mais il n'a pris aucune sanction à l'encontre du constructeur britannique ! Max Mosley, le président de la F.I.A., fait lui-même appel de cette décision le 31 juillet. Quant à Fernando Alonso – de plus en plus en froid avec son écurie –, il déclare le 7 septembre avoir eu connaissance des réglages de la F2007 en début de saison. Le 13 septembre, le Conseil mondial se réunit de nouveau à Paris. Cette fois, le verdict est différent : McLaren est reconnu coupable d'espionnage. Tous ses points du classement du Championnat du monde des constructeurs lui sont retirés, et l'écurie devra payer une amende de 100 millions de dollars. Une décision qui permet néanmoins au Championnat de conserver sa saveur : en effet, McLaren risquait l'exclusion immédiate, ce qui aurait privé de sa substance le Championnat du monde des pilotes, puisque Hamilton et Alonso se disputent alors le titre. À cette date, Ferrari est donc couronné champion du monde des constructeurs.

Le 9 septembre, dans cette ambiance délétère, Fernando Alonso avait une nouvelle fois démontré sa maîtrise en remportant le Grand Prix d'Italie à Monza, devant Lewis Hamilton, se replaçant dans la course au titre.

Le 30 septembre, lors du Grand Prix du Japon, le sort du Championnat semble scellé : Lewis Hamilton s'impose, alors que Fernando Alonso abandonne. Mais, le 7 octobre, à l'occasion du Grand Prix de Chine, Lewis Hamilton commet sa première erreur : il rentre au stand pour changer ses pneumatiques très détériorés, quitte la piste et est contraint à l'abandon. Räikkönen s'impose devant Alonso.

Néanmoins, avant la dernière course de la saison, le Grand Prix du Brésil à São Paolo, le 21 octobre, la position de Lewis Hamilton semble solide, même si, pour la première fois depuis 1986, quand le Français Alain Prost avait été sacré champion du monde pour la deuxième fois, trois pilotes peuvent encore « mathématiquement » prétendre au titre : Hamilton possède 4 points d'avance sur Alonso, 7 sur Räikkönen. Mais Hamilton commet une erreur dès le départ, en tentant de déborder Alonso, puis il est victime d'une défaillance de sa boîte de vitesses, et se retrouve en dix-huitième position. Les Ferrari mènent la danse ; Räikkönen s'impose devant son coéquipier Felipe Massa. Fernando Alonso, troisième, et, surtout, Lewis Hamilton, septième, laissent échapper le titre. Kimi Räikkönen, souvent malchanceux dans le passé et en début d'année, est couronné pour la première fois champion du monde de formule 1 : un résultat inespéré, mais qui sauve la morale sportive, en raison des fraudes de l'écurie McLaren.

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Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « 2007 - 58e Championnat du monde de formule 1 », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/2007-58e-championnat-du-monde-de-formule-1/