191210e Tour de France

Départ

Paris (Luna Park), 30 juin

Arrivée

Paris (Parc des Princes), 28 juillet

Nombre de coureurs au départ

131 (50 coureurs groupés, 81 coureurs isolés)

Nombre de coureurs classés

41

Nombre d'étapes

15

Distance totale

5 319 km

Moyenne du vainqueur

27,894 km/h

Podium

1. Odile Defraye (Belgique, équipe Alcyon), 49 points 2. Eugène Christophe (France, équipe Armor), 108 points 3. Gustave Garrigou (France, équipe Alcyon), 140 points

La course

Les marques de cycles sont plus nombreuses à engager une équipe sur ce Tour de France : cette fois, on en compte dix, de cinq coureurs chacune : Alcyon, La Française, Armor, Peugeot, Automoto, Griffon, Louvet, Thomann, Le Globe, Aiglon. Mais le règlement demeure ambigu, puisque, « officiellement », la course d'équipe (attendre un coéquipier, échanger sa machine, etc.) demeure interdite.

Le Belge Odile Defraye, engagé par Alcyon pour épauler le Français Gustave Garrigou, remporte la deuxième étape (Dunkerque-Longwy, 388 km). Le Français Eugène Christophe entame alors sa domination dans les Vosges et les Alpes : il gagne trois étapes consécutivement. À Grenoble, terme de la cinquième étape où il s'est montré le meilleur dans le Galibier, il partage la première place du classement général avec Defraye (29 points chacun, devant le Français Octave Lapize, 30 points). Lapize s'impose à Nice (sixième étape), Defraye à Marseille (septième étape). Christophe hypothèque ses chances lors de la huitième étape (son handicap s'augmente de 16 points) ; Lapize et Defraye demeurent les deux principaux candidats à la victoire finale.

Mais il est devenu évident que la formation Alcyon a trouvé des alliés dans le peloton, notamment tous les Belges, qui souhaitent favoriser la victoire d'Odile Defraye. Au cours de la neuvième étape (Perpignan-Luchon, 289 km), Octave Lapize, ulcéré, fait demi-tour dans la montée du Portet-d'Aspet et abandonne avec tous ses coéquipiers de La Française. Odile Defraye s'impose à Luchon devant Eugène Christophe. Le Belge Lucien Mottiat remporte sous une pluie diluvienne la grande étape pyrénéenne Luchon-Bayonne (326 km), mais sans menacer Defraye. Dès lors, la course s'engourdit, les arrivées se disputent souvent au sprint, un exercice où le Français Jean Alavoine (vainqueur à trois reprises) se montre brillant.

Odile Defraye devient le premier Belge vainqueur du Tour de France. Un succès qui provoque l'enthousiasme dans son pays.

Le cyclisme cette année-là

Henri Pélissier (France) gagne Milan-San Remo.

Charles Crupelandt (France) remporte Paris-Roubaix.

Émile Georget (France) gagne Bordeaux-Paris (pour la seconde fois).

Le 22 août, au vélodrome Buffalo (Paris), Oscar Egg (Suisse) bat le record de l'heure (42,360 km).

—  Pierre LAGRUE

Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « 1912 - 10e Tour de France », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/1912-10e-tour-de-france/