L'édit de libération de Cyrus, roi des Perses, permit à plusieurs convois de Juifs fidèles de revenir à Jérusalem (~ 538) après une cinquantaine d'années d'exil à Babylone. À la tête du premier groupe prend place Sheshbassar, prince de Juda, qui avait à Babylone le rang de jeha, c'est-à-dire gouverneur ou haut commissaire. Mais c'est à Zorobabel, petit-fils de Joiakim (le roi judéen déporté), que l'honneur échoit de restaurer l'autel des holocaustes et d'inaugurer la reconstruction du Temple de Jérusalem.
La figure de Zorobabel est d'autant plus importante que c'est autour de la reconstruction du Temple de Jérusalem que se regroupent les thèmes d'espérance messianique de l'époque. D'après la tradition prophétique, la venue de Dieu est liée à la réédification du Temple, or Zorobabel « tient déjà le fil à plomb et va achever la reconstruction » (Zach., iv, 6 b, 7, 9). Les prophètes Zacharie et Aggée le considèrent comme l'« oint » à venir, le serviteur choisi, le « germe » du nouvel Israël. Le fait de la descendance davidique de Zorobabel renforce encore cette prophétie. Alors Jérusalem, soulevée d'un grand espoir messianique, voit affluer les pèlerins.
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