Utilisé par les nomades du Moyen-Orient, le mot arabe zor désigne la végétation broussailleuse qui couvre les terrasses inférieures des vallées des fleuves du désert, particulièrement celles du Jourdain et de l'Euphrate. Le Jourdain déroule ses méandres dans le zor, vallée alluviale inondable, humide, partiellement recouverte d'une végétation subtropicale ; le zor est lui-même incisé dans le ghor, ensemble de terrasses plates, sèches et ravinées constituant l'essentiel du fond du fossé du Jourdain ; le zor du Jourdain est resté longtemps abandonné et inexploité. Cependant, le nom de zor est surtout réservé à la vallée moyenne de l'Euphrate, en territoire syrien et jusqu'à Hit en Irak, avec les basses vallées de ses deux affluents, le Balikh et le Khabour. Paradoxalement, cette vallée alluviale assez prospère dans l'Antiquité, comme en témoignent les ruines de Mari et de Doura-Europos, déclina par la suite pour être presque complètement abandonnée pendant plusieurs siècles : pendant environ dix siècles, le zor resta un simple lieu de pâturage l'été pour les Bédouins, sans ville ni village permanent. La mise en valeur a commencé au xixe </ […]
