3. La « planète zoos »
Sur le plan international, l'organisation des zoos découle de la coordination nécessaire à l'élevage des diverses espèces en captivité. Son histoire, relativement récente, remonte aux années 1960. À cette époque, l'alerte écologique est lancée : la nature que l'on pensait inépuisable se paupérise à grande vitesse. La déforestation, la fragmentation des milieux, la destruction ou la simplification des biotopes entraînent, sinon la disparition des espèces, tout au moins la raréfaction et la diminution dramatique des populations de nombre d'entre elles, en particulier des grands vertébrés vivant dans les milieux forestiers tropicaux. Les parcs zoologiques prennent alors conscience du rôle qu'ils doivent jouer dans la sauvegarde d'un certain nombre d'espèces. Au moins quatorze d'entre elles seront sauvées de l'extinction par l'élevage en captivité, certaines étant réintroduites avec succès dans leur milieu naturel : bison d'Europe, oryx d'Arabie, tamarin-lion doré... et, plus récemment, furet à pieds noirs, condor de Californie et cheval de Przewalski.
Une première conférence internationale, qui se tient à Jersey en 1972, jette les bases de ce qui deviendra les programmes d'élevage d'espèces menacées. L'année suivante, une première base de données, créée par l'Américain Ulysses S. Seal, recense les animaux des zoos avec leur origine et leur généalogie. Appelée I.S.I.S. (International Species Information System), son but est de collecter les informations nécessaires à la création de livres généalogiques (studbooks) par espèce captive, permettant ainsi l'initiation éventuelle de programmes d'élevage coordonnés. Située au zoo du Minnesota (États-Unis), elle est l'outil pivot au cœur du système et de la coordination des programmes d'élevage. I.S.I.S. répertorie, au sein des quelque 600 zoos participants, plus d'1,6 million d'animaux, dont 350 000 vivants, représentant plus de 6 000 espèces et sous-espèces. Les premiers studbooks existant alors (bison d'Europe […]
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