3. Évolution politique depuis l'indépendance
Début d'une ère nouvelle pour la population africaine, profondément meurtrie par les exactions des deux camps pendant la guerre et les discriminations du régime de Ian Smith, le 18 avril 1980 marque aussi le début de la domination inflexible de Robert Mugabe, qui a viré au cauchemar depuis 2000. De ce jour datent aussi un certain nombre de mythes largement colportés par la propagande officielle et les « compagnons de route » étrangers : l'orientation socialiste et le Zimbabwe modèle de développement, l'image d'un dirigeant intègre et miséricordieux à l'égard de ses ennemis, celle du leader africain engagé contre l'apartheid et dans les combats tiers-mondistes... Le décalage croissant entre ces mythes et la réalité du Zimbabwe indépendant explique la difficulté de nombreux observateurs à comprendre les événements postérieurs à 2000.
• La marche vers le parti unique et le « socialisme » (1980-1990)
Ayant nettement remporté les élections, Mugabe choisit pourtant de constituer un gouvernement de coalition où siège son grand rival Joshua Nkomo – leader historique du mouvement nationaliste dans les années 1960 qui a refusé la présidence honorifique du pays –, avec trois autres ministres du P.F.-Z.A.P.U., ainsi que deux représentants de la minorité blanche (dont le président des fermiers), illustration ostensible de la politique de réconciliation nationale. Il faut d'abord rassurer les milieux d'affaires et les producteurs agricoles blancs pour éviter un exode préjudiciable à l'économie (contre-exemple du Mozambique en 1975) ; mais cette posture permet également aux dirigeants Z.A.N.U. (P.F.) de préparer l'assaut contre le P.F.-Z.A.P.U. : les premières unités déployées dans le Matabeleland seront issues de l'ancienne armée rhodésienne et commandées par des officiers blancs.
Massacres dans le Matabeleland
Le détonateur du conflit est la formation de la nouvelle armée nationale et la démobilisation des anciens guérilleros en surnombre. Les ma […]
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