Certains dirent, le 30 mai 1981, en apprenant le meurtre de Ziaur Rahman par des officiers rebelles, que ce troisième chef d'État du Bangladesh avait péri par où il avait péché. Ziaur Rahman n'avait-il pas trempé, en 1975, dans l'assassinat du « père de la nation », Mujibur Rahman, et d'une partie de sa famille ? De ce crime originel, grâce auquel il réalisa une partie de son ascension politique, Ziaur Rahman, Zia, comme on l'appelait couramment, ne fut jamais lavé aux yeux de son peuple. Sa disparition ne provoqua dans le pays aucun signe profond d'affliction. Ziaur Rahman, né à Calcutta, originaire d'une famille du district de Bogra dans le nord du Bangladesh, était bengali. Prenant la tête d'un des pays les plus pauvres et les moins développés de la planète, Zia ne se borna pas à être un conservateur et un anticommuniste affirmé. Il fut un dictateur.
Son apprentissage, il le fit dans l'armée pakistanaise, qu'il rejoignit en 1953, à l'image des fils de bonne famille issus des couches moyennes auxquelles il appartenait.
En 1971, quand la guerre de libération du Bangladesh éclata, Zia était lieutenant-colonel. Sous le militaire perçait déjà l'homme politique. Le 21 m […]
